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La promesse de la Réserve fédérale d’injecter 80 à 85 milliards de dollars par mois dans le système financier, ainsi que l’annonce par la Banque centrale européenne du rachat « illimité » aux banques d’obligations souveraines, conjuguées au feu vert accordé par la Cour constitutionnelle allemande au mécanisme européen de stabilité, créent les conditions d’une explosion hyperinflationniste du système qui peut être raisonnablement envisagé. Nous savons que le sujet est actuellement un débat entre économistes mais il est évident que la destruction de monnaie se paie déjà par des biens tangibles dont les prix sont plus élevés qu’hier. Demain ne changera pas cette évidence.
Le fossé entre l’économie financière et l’économie physique ne cesse de grandir. Les banques centrales augmentent les agrégats financiers, et par là même la dette globale, alors que la politique d’austérité imposée aux nations plombe l’économie physique. Ainsi, on accélère l’effondrement de cette même dette qui repose en définitive sur la production physique.
Les données concernant la production industrielle et la consommation des ménages dans les économies transatlantiques le démontrent clairement. L’effondrement est dramatique en particulier dans la « périphérie sud » du système de l’euro.
La production industrielle en Italie a chuté de 7,5% par rapport à l’an passé, en Espagne de 5,4%, en Grèce de 5,3% (et même de 7,8% en juillet). Pour la France et l’Allemagne, les chiffres respectifs sont de 3,3% et 1,7%. Par ailleurs, la consommation de biens durables par les ménages en Italie a chuté de 10%. La raison principale en est une taxe foncière introduite par le gouvernement Monti, mais le taux qui sera réclamé à la fin de cette année n’a pas encore été annoncé. Par conséquent, les ménages sont amenés à suspendre leurs achats de voitures, appareils ménagers, matériel audio-visuel, etc.
Lors d’un discours à Milan le 11 septembre, le Premier ministre Mario Monti a prétendu que cette destruction était nécessaire. Nos décisions, a-t-il dit, « ont partiellement contribué à aggraver la conjoncture économique: seul un idiot peut penser changer un mal en cours depuis des décennies, sans aggraver la situation à court terme. »