Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Dušan T. Bataković (né le 23 avril 1957 à Belgrade) est historien et diplomate
serbe. Après les études d’histoire à la Faculté de Philosophie de l’Université de Belgrade, il travaille en Institut d’histoire en Belgrade (1983-1992) puis en Institut des Etudes
balkaniques de l’Académie serbe des Sciences et des Arts (1993-1998). En janvier 1997 il a soutenu la thèse du doctorat en histoire : « La France et la formation de la démocratie parlementaire
en Serbie 1830-1914 », à l’Université Sorbonne-Paris IV, il enseigne depuis 1998 l’histoire européenne et méthodologie d’histoire à l’Université de Belgrade. Élu directeur de l’Institut des
Études balkaniques en octobre 2005, il est également rédacteur en chef de l’annuaire Balcanica ainsi que les éditions spéciales de l’Institut. Vice-directeur de l’Institut des Etudes
balkaniques depuis septembre 2008, il fut également élu président du comité serbe de l’ AIESEE (Association Internationale d'Etudes du Sud-Est Européen).Le second ouvrage est totalement différent, mais tout aussi intéressant. Le jeune historien et géographe serbe Dusan Batakovic livre sa vision du problème du Kosovo dans un petit livre intitulé Kosovo. La spirale de la haine. Il présente une vision serbe de la crise du Kosovo. Mais cette vision n’est pas la même que celle de Slobodan Milosevic ou de l’Académie des sciences de Belgrade. Certes, l’auteur aurait du mal à faire partie du fameux "trio infernal des amoureux de la liberté" cité plus haut. Mais il n’empêche ; son travail d’historien mérite que l’on si attarde, et même avec attention. Batakovic n’est pas un militant nationaliste. C’est un historien qui présente des faits indiscutables et trop souvent inconnus. En effet, par un curieux mode de pensée, les élites occidentales confondent souvent les dirigeants serbes et les populations de Serbie. Un glissement dangereux de ce genre avait déjà eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale. La politique stalinienne avait alors culpabilisé l’ensemble du peuple allemand. C’est oublier que, de 1933 à 1939, les camps de concentration étaient remplis de citoyens allemands. Bref, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire sur le Kosovo. Rien que le nom fait problème. En effet, pour les Serbes il s’agit du Kosovo-Métochie. Métochie veut dire en grec, propriété ecclésiastique. La région administrative aujourd’hui à la une d’une tragique actualité est en réalité divisée en deux régions géographiques, le Kosovo à l’ouest, la Métochie à l’est. Pour les Albanais, la Métochie est dénommée Doukadgin. L’histoire du Kosovo n’est pas aussi simpliste, voire manichéenne, que le voudraient les piètres stratèges de Washington. L’historienne britannique Miranda Vickers l’avait déjà explicité dans son ouvrage Between Serbs and Albanians ; a history of Kosovo que nous avions présenté dans ces colonnes il y a quelques mois. L’histoire du Kosovo, c’est aussi le flux et le reflux des populations albanaises et serbes dans cette région. Deux peuples pour une même terre. Ce refrain est connu du côté de Jérusalem et d’ailleurs. A chaque fois que le mouvement national albanais est fort, les Serbes quittent la région qui fut un temps le berceau médiéval de la Serbie. A chaque fois que le pouvoir centralisateur de Belgrade en a eu les moyens, il a chassé et/ou laissé partir les Albanais. Sans remonter aux Illyriens, à Alexandre le Grand ou à l’empereur Dusan, les racines de la tragédie actuelle datent des années 1945-48. A l’époque, Tito aurait pu facilement faire du Kosovo la septième république de la Fédération socialiste yougoslave. Mais il pensait que le Kosovo serait sa tête de pont pour annexer l’Albanie à sa Fédération. Une partie des communistes albanais y étaient favorable et Staline avait dit à une délégation yougoslave venue à Moscou au lendemain de la guerre que Tito pouvait "avaler" l’Albanie. Mais, entre temps, les deux maréchaux se sont brouillés et le Yougoslave a cru que ce même Kosovo allait devenir la tête de pont des kominformistes, c’est-à-dire des Albanais fidèles à Staline. C’est ainsi qu’une chance unique fut perdue.
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH