LU dans courrier international ce sondage passé inaperçu dans la grosse presse,mais nous savons pourquoi.Ce qui inquiète c'est la fin du sondage concernant la shoah(comme ils disent).Ce qui est
drôle,ce sont nos juifs français qui défendent le laïcisme(en France) et une fois endossé leurs habits israëliens deviennent des fanatiques religieux (dans le sens shoatique du mot).
Plus de 80 % des Juifs d’Israël croient en Dieu, 67 % se considèrent comme le "peuple élu" et 61 % estiment que la vie publique en Israël doit s’organiser selon le rythme de la
tradition judaïque,
révèle Yediot Aharonot. Aux questions* portant sur les attitudes en cas de
conflit entre la Halakha (Tradition judaïque) et la législation démocratique israélienne, les réponses sont tout aussi intéressantes.
Ainsi, 85 % des
haredim (ultraorthodoxes) et 49 % des religieux traditionnels obéiraient à la Halakha ; 84 % des laïcs antireligieux et 64 % des laïcs modérés préfèreraient la
démocratie, et, enfin, 48 % des religieux occasionnels adapteraient leur choix en fonction des circonstances. En définitive, vu le poids de chacun de ces groupes, il ressort que 44 % des
Israéliens respectent la loi israélienne et la démocratie, 20 % obéissent à la Halakha et 36 % n’ont pas d’opinion arrêtée.
Immédiatement, les commentaires sont allés bon train dans ce pays profondément clivé entre laïcs et croyants, militants laïcistes et activistes ultraorthodoxes.
Dans Ha’Aretz, sous le titre "Une israélianité défaitiste", le commentateur Uri Misgav ironise : "John Lennon
disait que Dieu est un concept qui nous aide à mesurer notre souffrance. Si tel est le cas, alors Israël est un peuple en grande souffrance. Mais il y a diverses façons de lire ce sondage et pas
forcément de la façon catastrophiste privilégiée par certains. Ainsi, les Israéliens interrogés ne se sont pas vu proposer des alternatives suffisamment subtiles et ont dû se positionner devant
des questions formulées dans un contexte politique où les uns et les autres s’accusent de laïcisme, de coercition religieuse, etc.
D’autre part, même si cela peut choquer, la référence au "peuple élu" n’est jamais que le fruit d’une confusion renforcée par la culture sioniste entre peuple juif et foi juive. Après tout, les
Etats-Unis sont une nation très religieuse mais cela n’a jamais poussé les Américains à rendre la justice au nom de Dieu. Enfin, qu’y a-t-il d’étonnant à ce qu’une majorité de Juifs préfère être
administrée selon un rythme juif ?
Ce qu’il y a de véritablement gênant, c’est que les institutions religieuses chargées de vivifier ce rythme instillent de plus en plus, et avec les
deniers publics, une culture belliqueuse, ethnocentriste et ultranationaliste".
Toujours dans Ha’Aretz, Doron Rosenblum se demande quant à lui "où est passée l’israélianité". "Ce que ce sondage
confirme, c’est que l’identité israélienne laïque est de plus en plus un mythe dans une société travaillée au corps par les nationalistes religieux et les ultraorthodoxes ;
bientôt, cette
société n’aura plus rien d’israélien, mais ne sera plus qu’une tribu juive nationaliste."
D’autres éditorialistes refusent de se focaliser sur ce sondage sujet à trop d’interprétations et préfèrent s’attarder sur des réalités qui fâchent. Ainsi,
dans Maariv, la journaliste Saray Makover-Belikov rappelle que, "en dépit de réformes judiciaires, les tribunaux
religieux, seuls habilités, comme ailleurs au Moyen-Orient, à célébrer les mariages et à prononcer les divorces, continuent à faire vivre un véritable enfer aux femmes croyantes et divorcées, un
enfer que la plupart des laïcs qui n’y sont objectivement pas soumis préfèrent ignorer".
Pour sa part, sous le titre
"La religion de la Shoah", Merav Michaëli s’inquiète dans
Ha'Aretz d’une réponse que
peu de chroniqueurs semblent avoir relevée : "
pour 98 % des Juifs israéliens interrogés, le principe qui doit guider Israël et le judaïsme n’est ni plus ni moins que la ‘mémoire de
la Shoah’. Bref, ce qui fait consensus en Israël, ce n’est pas le respect du précepte religieux ou de la règle démocratique, mais tout simplement la mémoire d’un génocide.
Outre cette culture traumatique, ce qui devrait nous faire paniquer,
c’est que l’enseignement de la Shoah, selon d’autres enquêtes, n’encourage que 2,5 % des jeunes Juifs à
reconnaître la primauté des principes démocratiques mais en encourage 12 % à s’engager ‘activement’ dans l’armée. Nos dirigeants ont réduit le judaïsme au rang de syndrome post-traumatique
et nous engagent sur le chemin de l’autodestruction".
Note :* Cette enquete a été menée en 2009. Ses résultats viennent d'etre rendus publics.