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Littéralement, Montmartre signifie « le mont des martyrs ». C’est effet en ce lieu que Saint Denis, premier évêque de Paris fut, selon la tradition, martyrisé en même temps que plusieurs de ses compagnons. Ce lieu est également celui de la fondation de la compagnie de Jésus (jésuites) par Saint Ignace de Loyola en 1534. C’est également à cet endroit que l’on décida d’élever la Basilique du Sacré Cœur qui est aujourd’hui l’un des monuments les plus visité de France. Cette dernière est souvent le lieu de nombreux pèlerinages ou temps de prière et d’adoration, voire de marche de prière à caractère politique. C’est enfin en cette église que les derniers offices du dimanche sont célébrés à Paris (notamment pour ceux qui n’auraient pas pu se rendre à un office précédant). La dernière messe débute en effet à 22 heures.
Il est donc difficile de ne pas avoir envie de connaitre les raisons qui ont conduit au choix de ce lieu pour édifier cet ouvrage. Nous nous proposons de le redécouvrir.
Après la guerre de 1870 et la commune de Paris qui s’ensuivit, la France est abattue. Cependant, certains tournent leurs espérances dans la religion, considérant que les malheurs dont la France est victime sont également dus à ses péchés contre Dieu. Ainsi est-il décidé d’élever une basilique notamment pour «expier les crimes des communards ». Ce vœu est principalement porté par Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury.
En 1872, le nouvel archevêque de Paris (le précédant a été exécuté par les communards), monseigneur Guibert, approuve ce vœu et choisit Montmartre comme lieu d’édification du
monument. Voici le texte du Vœu National, tel qu'on peut aussi le lire aujourd'hui en la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.
« Vœu national au Sacré-Cœur de Jésus - Pour obtenir la délivrance du Souverain Pontife et le salut de la France.
En présence des malheurs qui désolent la France, et des
malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore ;
En présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l'Eglise et du Saint-Siège, et contre la personne sacrée du Vicaire de Jésus-Christ ;
Nous nous humilions devant Dieu, et, réunissant dans notre amour l'Eglise et notre Patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés.
Et pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l'infinie miséricorde du Sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires
qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France, nous promettons de contribuer à l'érection à Paris d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur
de Jésus. »
Un comité de L’Oeuvre du Vœu national est constitué. Le 14 avril 1972, monseigneur Guibert organise et préside une cérémonie de lancement du Vœu national à Notre-Dame de Paris.
A la demande de monseigneur Guibert, un projet de loi est déposé tendant à faire reconnaître au projet le caractère d’utilité publique. Le 24 juillet 1873, après des débats houleux, l’assemblée nationale adopte le projet de loi par 382 voix contre 138, et 160 abstentions. L’article premier de cette loi est rédigé comme il suit :
«Est déclarée d'utilité publique la construction d'une église sur la colline de Montmartre, conformément à la demande qui en a été faite par l'archevêque de Paris dans sa lettre du 5 mars 1873 adressée au Ministre des Cultes. Cette église, qui sera construite exclusivement avec des fonds provenant de souscriptions, sera à perpétuité affectée à l'exercice public du culte catholique. »
Deux éléments sont donc à retenir. Tout d’abord, l’édifice a été entièrement construit grâce à des souscriptions et donations de fidèles, l’Etat n’ayant rien apporté. Ensuite il est prévu que ce lieu soit dévolu au culte catholique à perpétuité. On peut dès lors s’étonner que certains journalistes de l’Express propose que la basilique soit « prêtée » aux musulmans pour leur célébrations.
La première pierre est posée le 16 juin 1875. L'intérieur de la nef sera inauguré en 1891, le campanile (clocher) ne sera terminé qu'en 1912. Toutefois la basilique n'est achevée qu'en 1914 et consacrée en 1919.
Elle est consacrée au Sacré Cœur de Jésus, ce qui contraste avec les basiliques construites à la même époque (Fourvière, Notre Dame de la Garde, Notre Dame de Lourdes) le plus souvent consacrées à la Sainte Vierge. Toutefois on sait que peut de temps avant, lors de la guerre de 1870, des militaires français se bâtirent sous la bannière du Sacré Cœur (les Zouaves Pontificaux et le général de Sonis à Loigny-la-Bataille), cette dévotion n’est donc pas anodine.
L'architecte principal fût Paul Abadie, mais six architectes se succédèrent pour achever l'édifice qui se veut imiter le style romano-byzantin s'inspirant de modèles comme Sainte Sophie de Constantinople ou encore San Marco de Venise ou Ravenne. L’intérieur suit également le style romano-byzantin. À l'intérieur, le plafond de l'abside est décoré de la plus grande mosaïque de France, couvrant une surface de 473 m² édifiée de 1900 à 1922 : A sa base, on peut lire une inscription latine signifiant : « Au Cœur très saint de Jésus, la France fervente, pénitente et reconnaissante. »
Dès 1885, le Saint-Sacrement exposé à l'adoration des pèlerins. La basilique trouve ainsi sa vocation dès l’origine. Le Sacré Cœur y est perpétuellement adoré. Les bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre sont au service de la basilique depuis 1995 et accueillent les pèlerins désireux de participer aux adorations nocturnes.
Symbole du sentiment chrétien de la France et des français qui ont financé sa construction, ce lieu est celui qui offre la plus belle vue de Paris. Des marches de prière et de pénitence (contre l’avortement) y aboutissent, confirmant la vocation du lieu à la réparation des péchés de la France et des Français.