Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
lu sur le salon beige et sur le site http://fr.rian.ru/tribune/20111202/192191198.html.
A lire ce parallèle particulièrement bien senti et des évidences alors que la Russie connaît des manifestations de foi remarquables (cf les trois photos) :
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A l'autre bout de l'Europe, en France, l'affaiblissement de la religion historique du pays a débouché sur une situation des plus confuses. Les attaques contre les symboles chrétiens sont monnaie courante (se reporter aux récentes polémiques survenues en France autour de pièces de théâtre et d'expositions), l'institution étant quasi-systématiquement assimilée aux affaires de pédophilie. Minées, érodées, les positions du catholicisme dans la société se sont réduites comme peau de chagrin, les Français oubliant que c'est pourtant dans le christianisme que la République a puisé des valeurs essentielles (liberté, égalité, fraternité). Et qu'en attaquant l'Eglise, les citoyens pourraient se voir privés d'un des canaux d'expression d'un questionnement métaphysique somme toute naturel. La critique traditionnelle de la religion, tout à fait justifiée, a débouché sur une mise à mort en règle.
Les images de la foule venue en masse pour voir la relique en appellent d'autres: celles des prières de rues musulmanes, autre manifestation religieuse qui fait couler beaucoup d'encre en France et en Russie. Un phénomène difficile à appréhender, et qui pose la question complexe de l'identité nationale au XXIe siècle. Car l'islam n'est plus une simple religion, mais un phénomène social et démographique de grande envergure capable d'"empiéter" sur la voie publique. La Russie connaît elle aussi le phénomène: à l'occasion des grandes fêtes musulmanes, les autorités de la ville coupent une grande artère du centre de Moscou, pour permettre la tenue de prières géantes.
Une différence fondamentale doit pourtant être soulignée: en Russie, l'islam cohabite avec un christianisme au fort potentiel structurant; en France, la religion musulmane se consolide en ce début de XXIe siècle dans un immense désert spirituel. Dans son implantation sur le continent européen, l'islam n'a rencontré ni cadre, ni concurrence au niveau religieux: son seul interlocuteur, comme l'a montré la problématique des prières de rues, c'est l'Etat [Photo : la Première dame russe Svetlana Medvedeva devant la relique. NDL]. Un Etat qui possède pour les fidèles une nature et une légitimité autres qu'une religion structurant les sociabilités, les habitudes, les rythmes de vie.
Cette situation a des conséquences concrètes. Voyant changer rapidement leur quotidien, les Européens exigent désormais des migrants qu'ils s'adaptent aux normes culturelles locales, qu'ils "s'intègrent", en renonçant à une partie de leurs valeurs, dont le pilier est la religion (surtout dans le cas de l'islam). Mais comment demander à une personne venue avec ses structures mentales et spirituelles de s'adapter à une société passant son temps à se dénigrer elle-même? Le gommage progressif des référents culturels des peuples européens, dont le christianisme fait partie intégrante, dissuade au contraire les nouveaux arrivants d'embrasser les valeurs locales.
On ne s'intègre qu'à une société forte: les peuples Européens semblent l'avoir un peu vite oublié".