Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
prix:18,00 euros
Maintenant, il sera possible de
m’insulter en toute connaissance de cause …
TABLE DES MATIERES
Avant-propos
Une naissance laborieuse…
1981 ! La gauche s’installe dans ses meubles
Le succès pointe enfin le bout de son nez !
Premier palier : les européennes de 1984
Encore plus fort : les législatives de 1986
Le FN s’incruste dans le paysage politique
Qui craint le grand méchant loup, méchant loup, méchant loup… ?
Touche pas à mon Front !
Le clan Le Pen
Héritiers de père en fille
Les finances du FN et assimilés
Attention, une Le Pen peut en cacher une autre
Purges et départs à répétition
Le piège médiatique
La « dédiabolisation » côté FN
Marine Le Pen et la communauté juive de France
La dérive idéologique
Conclusion
Dans Rivarol 4pages d'interview d'Anne Kling,extrait:
Anne KLING : “Jamais le FN n’a fait trembler le
système”
RIVAROL: Vous êtes l’auteur de plusieurs livres de référence, dont La France LICRAtisée, Révolutionnaires juifs et Le CRIF, un lobby au cœur de la République. Votre nouveau livre a pour titre: FN… Tout ça pour ça!, sous-titré La très étonnante évolution du FN. Dites-nous quels sont vos objectifs en écrivant un livre tout de même critique envers le FN. Et très réservé à l’égard de Marine Le Pen.
Anne Kling : En retraçant l’historique d’un mouvement qui a toujours été considéré par le clan Le Pen comme une propriété personnelle et en établissant un état des lieux actuel, j’ai démontré une véritable appropriation du mouvement qui a été à l’origine de tous les échecs. Jamais son inamovible président n’a cherché à faire du FN un parti d’alternance crédible et ce, malgré des circonstances historiquement favorables. Il l’a géré comme un espace lui permettant, à lui personnellement, d’exister sur la scène politique française. Et même au premier rang, du fait d’une diabolisation qui en réalité a été bénéfique aux deux partenaires: au système et à Jean-Marie Le Pen.
A l’heure où la fille du chef a pris le relais, dans un matraquage médiatique dont le système a le secret, nous devons nous demander ce que cache la stupéfiante promotion dont elle est l’objet. Car ce virage à 180° est éminemment suspect. Après avoir diabolisé, ou fait mine de le faire, le père durant trente ans, voilà que tout à coup le système dédiabolise la fille à tour de bras et lui ouvre toutes grandes les portes de ses media. Dans quel but ?
R. : Vous affirmez que le système avait besoin du FN?
A. K. : Il est évident que le système avait besoin du FN qui remplissait plusieurs fonctions des plus utiles. Celle de bouc-émissaire, la fameuse «lepénisation des esprits» étant naturellement de sa faute et non de celle des irresponsables politiques incapables de résoudre les problèmes qu’ils avaient eux-mêmes créés. Celle de soupape de sécurité car il fallait bien que le bon peuple pût exhaler sa rancœur à intervalles réguliers avant de rentrer sagement dans le rang. Et bien sûr, il a servi, c’était même sa fonction principale, à maintenir la gauche au pouvoir puisque la droite a toujours eu interdiction formelle, pour des raisons de moralité, de s’allier au diable.
Or, à partir du début des années 2000, ce scénario bien huilé a commencé à connaître quelques couacs. Une nette recrudescence d’actes avérés d’antisémitisme dans les banlieues dites sensibles a provoqué une sensible évolution et une instrumentalisation nouvelle du mouvement.
Tout à coup, avec un bel ensemble, les media du système se sont mis à ouvrir toutes grandes leurs colonnes, leurs radios, leurs télés, à la fille du président du parti maudit. Pour quelles raisons? Parce qu’elle était télégénique et avait la langue bien pendue? Allons donc! Son père lui aussi était télégénique et n’avait pas sa langue dans sa poche. Parce qu’elle faisait vendre du papier? Et alors? Son père en faisait vendre tout autant.
L’explication est trop courte et il faut chercher ailleurs en creusant un peu plus profond. Il faut chercher du côté des raisons politiques d’une dédiabolisation du parti qui est actuellement orchestrée comme l’avait été en son temps son exact contraire. A quelles fins ?
R. : Vous évoquez la naissance du FN. Qui ne fut pas créé par Jean-Marie Le Pen…
A. K. : A la création officielle du FN, le 5octobre 1972, Jean-Marie Le Pen a déjà passablement bourlingué à travers la IVe République, avec des succès divers: élu député poujadiste de la Seine en 1956, à l’âge de 27 ans, réélu en 1958 sous l’étiquette du CNIP, il est finalement battu aux législatives de 1962. Commençait alors pour lui une longue traversée du désert politique.
Il va être inopinément remis en selle par Ordre Nouveau (ON). Ce mouvement nationaliste, né en 1969, envisage dès 1971 la création d’un parti unitaire, d’un front national destiné à rassembler la famille nationaliste éparpillée, un peu sur le modèle du Mouvement Social Italien (MSI). Ce rassemblement est officiellement annoncé lors du 2e congrès d’ON en juin 1972, sous le nom de Front national pour l’unité française (FNUF). Ses initiateurs se mettent en quête d’un président pour en prendre la tête mais, pour diverses raisons, se voient opposer un refus de la part des candidats initialement pressentis : Georges Bidault, Jacques Soustelle, Jean-Louis Tixier-Vignancour et Pierre Sergent.
La nouvelle fédération voit néanmoins le jour quelques mois plus tard, le 5 octobre 1972. Son appellation initiale un peu compliquée est réduite dans les faits à Front national tout court. Elle se dote d’un bureau central de six membres, à savoir deux représentants d’ON : Alain Robert et François Brigneau, un ancien de l’OAS: Roger Holeindre, Pierre Bousquet, du journal Militant, Jean-Marie Le Pen et son ami Pierre Durand. Le problème de la présidence étant toujours ouvert, c’est finalement Le Pen, en raison de sa notoriété et de ses états de service comme ancien député, qui est désigné à ce poste par ses associés. Le voilà enfin président. Certes, mais en liberté étroitement surveillée par Ordre Nouveau. La dissolution d’Ordre Nouveau, en même temps que celle de la Ligue communiste d’Alain Krivine, va rebattre les cartes. Le Pen est désormais seul maître à bord…
R. : Et puis, en 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir…
A. K. : Jusqu’à cette date fatidique, les résultats électoraux du FN sont des plus médiocres, lui interdisant tout rôle d’aiguillon ou de nuisance. C’est la gauche enfin officiellement aux commandes— et son subtil président— qui vont puissamment aider au décollage d’un mouvement qui se révélera fort utile à l’avenir. Pour eux.
N’oublions pas que François Mitterrand et Jean-Marie Le Pen se connaissent bien pour s’être croisés dans les couloirs de la IVe République. Tous deux ont été élus députés le 2janvier 1956, quoique naturellement dans des formations différentes. Et, à l’époque, ils avaient siégé de concert à la commission des affaires étrangères. Par la suite, en 1962, ils s’étaient retrouvés témoins à décharge lors du procès du général Salan.
N’oublions pas davantage les nombreuses accointances de jeunesse du président socialiste avec l’extrême droite, ainsi que ses amitiés fidèles, qui lui furent abondamment reprochées par la suite en de nombreux ouvrages. C’est qu’il n’avait pas la vision manichéenne de l’histoire imposée par les lobbys, qui est désormais de règle.
Sans forcément aller jusqu’à l’entente avérée, il faut reconnaître que bien des points de convergence existaient entre les deux compères. Proximité qui facilita grandement le jeu de rôles «toi méchant moi gentil» qui ne tarda pas à s’installer pour le plus grand bénéfice de chacun.
Alors qu’il n’exista jamais le moindre atome crochu entre Chirac et Le Pen dont la vive animosité réciproque a imperturbablement traversé les décennies pour subsister aujourd’hui, intacte.
R. : Pourquoi cet étonnant anti-lepénisme de Chirac? Vous parlez notamment dans votre livre de «promesses de Chirac aux officines juives».
A. K. : Sans vouloir sonder les reins et les cœurs, on peut hasarder sans trop de crainte de se tromper au moins deux raisons essentielles à cette hargne constante dont les conséquences politiques furent importantes: tout d’abord les forts penchants communistes de Chirac dès sa jeunesse, alors que Le Pen a toujours fait preuve d’un anticommunisme sincère et virulent. Et deuxièmement, ses liens étroits, tout au long de sa carrière, avec les responsables communautaires juifs.
Voilà pour les raisons “avouables”. Moins avouable, mais politiquement facile à comprendre, à partir du moment où il lui sera strictement défendu de s’allier avec lui, la droite aura elle aussi intérêt à diaboliser le FN qui empiétait fâcheusement sur ses terres et venait saccager ses plates-bandes. Evidemment, si elle avait eu le droit de s’entendre avec ce concurrent encombrant, les choses eussent été différentes. Mais la gauche et les responsables communautaires juifs le lui avaient expressément interdit.
Car Chirac avait effectivement pris des engagements fermes auprès de ces responsables. Le fait n’est en rien un mystère puisque LeMonde le relate en ces termes le 26mars 1986: «Enfin, les associations B’nai B’rith lancent un appel à la vigilance, attirent l’attention des partis de la nouvelle majorité contre toute tentation de vouloir reprendre les slogans extrémistes sur l’insécurité et les idées xénophobes à l’encontre des immigrés et rappellent aux représentants de ces partis leurs engagements pris, au cours des forums du B’nai B’rith, devant la communauté, déclarations reprises après proclamation des résultats du vote, de ne s’allier en aucun cas au Front national».
Voilà qui a le mérite de la clarté. Le B’nai B’rith a interdit tout rapprochement de la droite et de l’extrême droite. Et la droite obéit servilement.
En 1987, Chirac récidivera devant le CRIF en réaffirmant solennellement que jamais il ne contracterait d’alliance, ni à titre personnel, ni en tant que responsable d’un mouvement politique, avec tel ou tel parti d’extrême droite. Ce qui ne l’empêchera pas de perdre en 1988.
R. : Pourquoi Mitterrand a-t-il favorisé l’implantation du FN dans le paysage politique français ?
La suite dans Rivarol en vente à la librairie-presse de Neuilly-Plaisance,15 avenue Foch.