Finalement, l’Iran n’a pas besoin de l’arme nucléaire. Ce pays dispose d’une arme de dissuasion massive. Le message envoyé par ses dernières manœuvres militaires est clair: nous
pouvons bloquer le détroit d'Ormuz. C’est à dire d’empêcher, durablement, la livraison de plus de 40 % de la production mondiale de pétrole.
Alors que le monde est dans une crise bancaire et une dette des Etats un séisme énergétique mettrait l'économie internationale à bas. Ce serait le coup de grâce. Le Qatar aurait
très vite d’autres soucis que de chercher des vedettes pour le Paris Saint Germain ou d’ouvrir un bureau pour les Talibans, à Doha. On parle souvent du double jeu des
Pakistanais. Nous insistons régulièrement, ici, sur la stratégie trouble du Qatar. Alors que ce pays se présente comme un allié de la France, il reconnaît, de fait, les Talibans
qui assassinent nos légionnaires. On devrait se poser des questions.
40% du pétrole passe par Ormuz
Le Qatar et un géant aux pieds d argile comme toutes les monarchies sunnites et pétrolières du golfe confronté à des mouvements chiites. Tous ces pays dont la prospérité est
fondée sur le pétrole peuvent être ruinés du jour au lendemain par une « tempête du Golfe Persique». Certes l'Iran perdrait gros, lui aussi, mais, face a des sanctions
destructrices, le pouvoir de Téhéran peut être tenté par une fuite en avant.
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Situé entre les Emirats Arabes Unis et l'Iran, le détroit d'Ormuz est un petit bras de mer large de 50 kilomètres, pour une profondeur n'excédant pas soixante mètres. C'est un
détroit international. En conséquence, tous les navires, quel que soit leur pavillon, bénéficient du droit de passage en transit. Il est incontournable pour alimenter le monde
entier. Près de 40% du pétrole produit au Moyen-Orient y transite.
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L'Iran aussi exporte son pétrole par ce détroit. Il sert à alimenter essentiellement l'Italie (180.000 barils), l'Espagne (160.000 barils) et la Grèce (100.000 barils). Mais,
outre le deuxième producteur de l'OPEP, les autres pays du Golfe, notamment l'Arabie Saoudite, le Koweït, l'Irak, le Qatar et les Emirats arabes unis, exportent une partie de
leur pétrole par ce détroit.
L'Amérique menace
Les Etats-Unis ont vivement réagi aux menaces de fermeture du détroit, en affirmant qu'"aucune perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne sera tolérée".
La France a rappelé l'Iran au respect du droit. "Comme sur les droits de l'homme et la prolifération nucléaire, nous appelons les autorités iraniennes au respect du droit
international et en particulier de la liberté de navigation dans les eaux internationales et les détroits".
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"Fermer le détroit d'Ormuz est vraiment facile pour l'armée iranienne (...) Comme le disent les Iraniens, c'est plus facile que de boire un verre d'eau", a répondu
Habibollah Sayyari, à la chaîne iranienne en langue anglaise, Press TV. "Mais pour le moment, nous n'avons pas besoin de le fermer puisque nous contrôlons la mer
d'Oman et son trafic", a ajouté le chef de la marine iranienne.
Quelques heures plus tard, le commandement de la Ve Flotte américaine, basée au Bahreïn, faisait savoir qu'un blocage du détroit d'Ormuz "ne serait pas toléré". "Le libre
passage des biens et des services par le détroit d'Ormuz est vital pour la prospérité de la région et du monde", a souligné un porte-parole de la Ve Flotte à Manama.
"Quiconque menace la liberté de navigation dans un détroit international se met clairement en dehors de la communauté des nations. Et une interruption du trafic ne sera pas
tolérée."
Pas tolérée, certes. Mais une fois réalisée, comment réagir ? On se ferait la guerre . Si le détroit est fermé, ce sera pour longtemps, avec des conséquences, pour des économies
fragilisées, plus redoutables que le choc pétrolier de 1973, qui a affaibli la prospérité occidentale. Prendre des sanctions contre l’Iran? Mais il faut savoir à quoi on
s’expose.