Dans un entretien au Monde, l'économiste Jacques Sapir a
estimé que la dette grecque était "absolument impossible à rembourser".
Le directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales a également expliqué que lorsque la crise de l'euro éclatera "d'ici quelques
mois au plus ... elle se doublera d'une crise politique majeure dans notre pays, car les électeurs et la population pourront à bon droit demander des comptes à nos gouvernants."
Extraits :
"Il faut rappeler le rôle extrêmement néfaste qu'ont eu un certain nombre d'hommes politiques français, ainsi que des hauts fonctionnaires, qu'il
s'agisse de Jacques Delors, de Pascal Lamy ou d'autres, dans la déréglementation
financière généralisée que nous avons connue en Europe à partir de 1985-1986. Sur le fond, on a voulu faire avancer la solution d'une Europe fédérale sans le dire aux
populations.
La construction européenne a été faite de telle manière qu'elle incluait des déséquilibres structurels dont les pères de l'Europe espéraient que les solutions
iraient chaque fois un peu plus en direction du fédéralisme. Ce fédéralisme furtif, ou clandestin, comme l'on veut, ne tenait pas compte des réactions des peuples, et ne tenait pas compte de
l'enracinement extrêmement profond des nations qui constituent l'Europe. On peut toujours aujourd'hui reprocher aux différents pays leurs égoïsmes, on peut toujours aujourd'hui reprocher aux
classes politiques de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Espagne, leur manque d'initiative et leur aveuglement face à la crise de l'euro, qui était une perspective inévitable depuis
2009.
Mais sur le fond toutes ces incompétences renvoient en réalité à un projet politique. Ce projet qui avait été refusé lors du référendum de 2005, que ce soit
en France ou aux Pays-Bas, et que l'on a cherché à imposer malgré tout via la notion de contrainte économique. Mais les faits sont têtus, et quand on les méprise, ils se vengent.
(A propos des banques) il faut savoir qu'aujourd'hui l'opinion, dans différents pays européens, est très hostile aux banques.
Alors un scénario possible consisterait à nationaliser les banques, à se servir de cette nationalisation pour faire accepter la recapitalisation des banques, mais en utilisant aussi cette
nationalisation pour... en particulier rétablir la distinction impérative entre banques de dépôts et banques d'affaires, et très sérieusement limiter le nombre d'opérations que
les banques ont le droit de faire." (Jacques Sapir, "La dette de la Grèce est aujourd'hui absolument impossible à rembourser", Le Monde, 19.09.2011)
Note de Christroi. Jacques
Sapir s'est fait remarquer par des positions hétérodoxes très marquées sur plusieurs sujets et un engagement politique à la gauche de la gauche. Il a pris publiquement
position pour la "démondialisation" et s'interroge aujourd'hui sur le futur de la zone Euro et l'éventuelle nécessité pour la France de devoir sortir de l'Euro.
Polémia reprend sur Metapoinfos.hautetfort.com un article de Jacques Sapir, cueilli sur le site de L'Observatoire de l'Europe et particulièrement pessimiste quant à l'avenir de l'Euro.
Jacques Sapir a publié en début d'année, aux éditions du Seuil, un essai percutant intitulé La démondialisation, qui a permis d'ouvrir le débat sur la possiblité d'une autre
politique économique...
Auteur : Jacques Sapir - le 18 Septembre 2011 Lire la suite
Intervention de Gerard Batton (UKIP London) au Parlement européen le 12 septembre 2011 : le groupe Bilderberg dénoncé et démasqué.