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Fretté Philippe - mercredi 16 mai 2012
À la fin des années soixante s’est développé aux États-Unis un mouvement de contestation, auquel le sociologue Théodore Roszak a donné, en 1969, le nom de
« contre-culture », fondée sur une opposition délibérée à la culture dominante.
La critique de tout système politique est porteuse de dynamisme. Ce fut le cas de la « contre-culture » dont les effets devaient se propager dans l’ensemble du monde
occidental à partir des années 1970 : le courant antipsychiatrique a ouvert la voie à de nouvelles thérapies ; la « révolution sexuelle » a accentué l’émancipation des
femmes et l’émergence des minorités sexuelles ; la critique du système productiviste et du gigantisme, a abouti à de nouveaux modes de production… Après le tiers-mondisme, le
néo-ruralisme, le commerce dit « équitable », le développement dit « durable », l’écologie en tant qu’enjeu politique n’auraient pas vu le jour sans ces remises
en cause radicales de la société de consommation.
De grands noms ont marqué cette période : Ernst Friedrich Schumacher et son best-seller « Small is beautiful » paru en 1973 ;
William Reich et ses développements psychanalytiques, en marge du freudisme officiel, et, plus près de nous, René Dumont et son inoubliable
profession de foi : « L’utopie ou la mort », aussi de 1973.
Dans la sphère privée, le courant hippie entendait même substituer à la cellule familiale la vie en communauté, où les enfants n’appartiendraient à personne. Cet
humanisme néo-rousseauiste ne s’est pas affirmé sans conséquences désastreuses pour ses adeptes : beaucoup ont sombré dans la drogue, la marginalité, la pauvreté…
En France, ce nouveau souffle idéologique a fait irruption dans un contexte fortement politisé, hérité de ce qu’il est convenu d’appeler « le système de
1945 ». Très vite, les forces de gauche et d’extrême gauche (principalement trotskistes) ont compris que la « contre-culture » pouvait être avantageusement
utilisée pour en finir avec le système capitaliste.
On a donc assisté à une instrumentalisation en règle des grands thèmes de la « contre-culture » dans le combat politique afin de faire plier le pouvoir en place. Avec
l’aide active des médias politisés, la fiction d’une alternative à la droite, imprégnée des idées de mai 68, s’est peu à peu imposée au Français moyen, pour aboutir au succès de la
gauche en 1981.
Toutefois, l’extrême gauche ne devait pas se contenter de ce nouvel ordre mitterrandien. Rapidement écartée du pouvoir, elle a vite réactivé le moteur de la
contre-culture dans les années 1990, dans l’espoir d’infléchir plus à gauche encore la direction politique du pays.
Cette extrême gauche, toujours très active et se prenant pour l’élite intellectuelle du pays, s’est livrée à une surenchère idéologique, pour saper les fondements mêmes de la
société française.
Et les représentants les plus installés de l’ordre établi se sont approprié ces anti-valeurs. C’est la voie dangereuse sur laquelle se sont engagés les grands partis,
particulièrement à partir de la présidence Chirac.
Peu de domaines ont été épargnés : éducation, santé, défense, solidarité, culture…
Ainsi, dans le contexte sarkozien de fausse remise en ordre de notre pays, la culture « trash » (la culture « poubelle ») était non seulement subventionnée par
les municipalités de gauche, mais aussi par le ministère de la Culture…
Les conséquences de ces reculades ne devaient pas se faire attendre : discrimination positive visant à inverser la préférence nationale, culture de l’excuse, culture anti-riches,
victimisation des délinquants, christianophobie avec son corollaire l’islamophilie, glorification des cultures subsahariennes et bannissement des racines chrétiennes de l’Europe,
diabolisation de l’histoire de France, égalitarisme forcené, nivellement par le bas dans les écoles, permissivité généralisée conduisant à l’insécurité que nous connaissons,
banalisation de la drogue et des réseaux mafieux…
La contre-culture des années 1970 a fait place à une véritable culture d’autodestruction.
À qui profite le crime ? D’abord à l’extrême gauche, qui voit mûrir les fruits de sa funeste politique. Mais aussi à tous ceux qui, comme Houria Bouteldja, affirment haut et fort
vouloir « en finir avec la suprématie blanche et chrétienne »…
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