Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Connaissez-vous i24news? Cette nouvelle chaîne israélienne à
vocation internationale a été fondée par un ancien cadre de
France 24 (Frank Melloul) en tandem avec le propriétaire de
Numericable (Patrick Drahi). Le média tout-info, décliné en trois
langues (anglais, français, arabe) se présente explicitement
comme l'adversaire d'Al Jazeera: il s'agit, pour ses responsables,
de donner à voir une "meilleure image" d'Israël auprès de l'opinion
publique.
Jeudi 30 janvier, la chaîne recevait Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation nationale en visite officielle dans la région.
Curieusement, ses propos tenus hier n'ont été rapportés par
aucun média français en dépit des nombreux liens, professionnels
et amicaux, des cadres de la chaîne avec la caste journalistique
parisienne.
Panamza vient combler cette lacune en vous proposant de
découvrir les extraits révélateurs de cet entretien.
Trois éléments d'information inédits ressortent du passage de
Vincent Peillon sur i24news:
* Juifs de France : interrogé sur l'afflux de Français juifs en Israël, le ministre a exprimé une réponse étonnamment laconique. « La communauté française est appelée à s'élargir », a fait savoir
Vincent Peillon. Même François Hollande, l'homme qui s'est déclaré « prêt à entonner un chant d'amour pour Israël et pour ses dirigeants » , avait contreditBenyamin Netanyahu en
octobre 2012 quand le Premier ministre avait encouragé les juifs
de France à venir en Israël. Dans le cas de Vincent Peillon, aucun
bémol: il ne déplore pas cette émigration et se contente
simplement de la constater.
* "Théorie du genre": dans ce débat sociétal qui fait rage depuis la "Journée de retrait de l'école", le ministre a utilisé un
mot singulier pour caractériser les établissements scolaires concernés. "Foyers d'infection" : telle est l'expression employée par le membre du gouvernement pour désigner ces écoles dans lesquelles des parents d'élèves ont retiré leur enfants.
* Désinformation: de plus en plus décontracté au cours de cette interview complaisante, Vincent Peillon lâche presque une confidence inattendue, se félicitant d'"essayer de cacher aux médias" les nombreux incidents relatifs à des comportements
présentés comme anti-républicains (parmi lesquels figurent
nommément le geste de la quenelle et le départ d'apprentis
djihadistes en Syrie).
À propos de la désinformation, un cas pratique est toujours en
cours de réalisation.
Salomé Peillon, ambassade de France en Israël, 14 juillet 2013
Il y a deux jours, Panamza revenait sur la polémique relative à la fille de Vincent Peillon, soupconnée d'avoir bénéficié d'un passe-droits pour obtenir son poste rémuméré de"chargée de mission culturelle et audiovisuelle" -depuis février 2013- à l'ambassade de France en Israël. En dépit de l'évocation, mercredi dernier, de cette controverse au coeur de l'Assemblée nationale, Jean-Charles Banoun, interviewer de Vincent Peillon et ancien d'Europe
1, n'a pas jugé nécessaire de l'interroger (durant les 15 minutes
de l'entretien intégral) à ce sujet. Pas plus que le correspondant
de l'AFP, pourtant allé à sa rencontre. Et même silence, plus prévisible, du côté de JSS News, média extrémiste qui a pu néanmoins le rencontrer.
Comble du grotesque: les images du député UMP interpellant le
ministre à propos du recrutement de sa fille ont été diffusées
durant l'interview d'i24news, en guise -uniquement- d'illustrations
visuelles.
Le citoyen français est donc toujours prié de croire que Salomé Peillon s'est contentée de postuler sur Internet, comme le veut la règle, dans le cadre du "volontariat international en administration" et qu'elle s'est retrouvée naturellement admise en Israël, pays auquel elle avait justement consacré son mémoire de master sur la question du"boycott culturel". Chose amusante,
c'est précisément sur ce même sujet que sa mère, Brigitte Sitbon,
chercheuse au CNRS et ex-compagne de Vincent Peillon, a rédigé
-en juillet 2013- une tribune dans le Huffington Post afin de
ridiculiser la pratique du boycott envers Israël.
La famille Peillon est décidément très attachée au régime de Tel
Aviv. En juin 2011, celui qui était encore député européen s'était,
lui aussi, engagé -au sein du collectif JCall- contre "la
délégitimation d'Israël" avec des accents lyriques. Il affirma également, à cette occasion, que la discussion relative à la
reconnaissance d'un État palestinien à l'ONU (alors envisagée trois mois plus tard) n'était « pas la question essentielle du moment ».