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Complices, les banques et les politiques sont responsables du désastre bancaire en Espagne. Et ce sont les citoyens vont devoir en assumer les conséquences, accuse le directeur du quotidien portugais Jornal de Negócios.
Le désastre du secteur bancaire espagnol est une honte d’Etat. A cause de l’édification d’un mythe. A cause de la complicité entre public et privé dans ce qui est un délit. A cause des bénéfices engrangés par certains, sans commune mesure avec les préjudices à venir pour d’autres. A cause des dénégations. A cause de la contagion. A cause du mensonge. Tout le monde ment. Tout le monde ment aux mêmes : aux contribuab… pardon, au peuple.
Nous avons aujourd’hui le droit de parler de ce qui se passe chez les autres. Puisque c’est nous qui allons payer l’hypothèque de leur maison. Nous, les “Européens”. Quelle différence y a-t-il, au fond, entre la Grèce, qui a menti sur ses comptes publics, et les banques espagnoles, qui ont menti sur leurs bilans ? (…)
Qu’on sorte du petit jeu de la culpabilité !”, déclarait Bob Diamond, le président de la banque Barclays, il y a un an et demi. Quand nous disons que le secteur bancaire a pris la politique en otage, c’est bien de ce jeu là dont nous parlons : des républiques de débiteurs et des monarchies de créanciers. Des financiers qui savent tout et qui embobinent des politiciens qui ne savent rien. Et des uns qui ont la suprême audace de traiter les autres, qui paient pour leurs erreurs, d’analphabètes de la finance. Oui, ceux qui ont fait exploser les budgets futurs, et qui, drapés dans l’austérité, provoquent faillites et chômage, sont aussi ceux qui accusent le peuple d’ignorance financière. Bravo.