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Famille métisée
L’atout de Bill de Blasio est sa famille, multiraciale et moderne, à l’image de la ville. Sa carte maîtresse se nomme Chirlane McCray. Il s’agit de son épouse, de six ans son aînée.
Poétesse afro-américaine, militante de la première heure, ancienne lesbienne, elle l’accompagne sur le terrain, parle souvent à la tribune, relit ses discours importants, participe activement à sa stratégie.
Pour porter son message de progrès et de justice sociale, Bill De Blasio s’est, entre autres, reposé sur sa famille, mixte, un poil compliquée, définitivement moderne et séduisante, pour cette raison, aux yeux d’une majorité de New-Yorkais.
Il y a sa femme, Chirlane McCray, Afro-Américaine, poète, dont les écrits de jeunesse sur le fait d’être lesbienne sont ressortis de l’oubli.
Il y a leurs deux enfants métissés, Chiara et Dante, dont la coupe afro a fait couler beaucoup d’encre : on ne voyait qu’elle dans une vidéo de campagne sortie en août, ultramédiatisée, où l’ado prend position sur un certain nombre de sujets, notamment sur la méthode stop and frisk, qui l’affecte, dit-il.
Il conclut : «Bill De Blasio sera un maire pour tous les New-Yorkais, quels que soient leur apparence et le lieu où ils vivent», avant de révéler, seulement à la fin, que le candidat est son père. Opération de communication très réussie, cette vidéo a marqué, selon les experts de campagne, un moment clé dans l’ascension du candidat démocrate à la mairie de New York.
Le 8 août, il sort sa botte secrète : une pub télé mettant en scène son adorable fils Dante, dont la coiffure afro a depuis fait le tour du monde. Charmant, mais pas tout à fait improvisé : pour cette pub, le conseiller à la manoeuvre est John Del Cecato, le stratège de génie qui a fait élire Obama.
Le fils De Blasio, Dante
New York découvre que de Blasio n’est pas, comme le dira sa fille Chiara, “un autre mec blanc ennuyeux”.
Très à gauche et démago
Certains le situent même très à gauche. Pendant la campagne, on a vu resurgir son passé de jeune militant pro-sandiniste, le “New York Times” effrayant le bourgeois en décrivant son passé d’”ardent supporter des révolutionnaires du Nicaragua“. L’article n’a pas précisé s’il se baladait avec un couteau entre les dents…
En réalité, “de Blasio faisait partie d’une coalition très lâche de groupes qui cherchaient à coordonner l’info sur les contras. Je ne me souviens pas de lui comme étant attaché aux sandinistes en tant que parti”, tempère David Wilson, un activiste qui a fait sa connaissance à la fin des années 1980. Il a gardé le souvenir d’un type attachant, chaleureux, drôle.
“Il est le premier Blanc que j’ai vu donnant du “dude” ["mec"] à tout le monde”, se marre David.
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Bill de Blasio, social-démocrate bon teint, décide de jouer à fond la carte anti-Bloomberg. Il avait déjà commencé en 2012, saluant les manifestants d’Occupy Wall Street, qui se sont faits “les porte-parole de ce que les gens ressentent dans le pays”.
Avec cette campagne, il se lance à fond. Il est par exemple le seul candidat démocrate à dénoncer sans ambages la pratique du stop and frisk (“arrêter et fouiller”) de la police, un “délit de faciès” qui vise surtout les Noirs et les Hispano-Américains.
Le jeune homme débraillé arrivé au Nicaragua en 1988 sortait du lot. Grand et parfois gauche, il tenait un discours décousu, truffé de références à Franklin Roosevelt, Karl Marx et Bob Marley.
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De Blasio soutenait avec ferveur les révolutionnaires nicaraguayens. A New York, il collectait des fonds pour les sandinistes et était abonné à leur organe de presse, Barricada. En 1990, interrogé lors d’un meeting sur le genre de société qu’il prônait, il a déclaré être favorable au “socialisme démocratique”.
“J’étais motivé par le désir de créer un monde plus juste, qui ne laisserait personne sur le bord de la route,explique-t-il. J’étais un militant animé par la volonté d’améliorer la vie des gens.”