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Nous nous proposons dans cet article de présenter quelques bases philosophiques de l'actuel mouvement du Printemps français.
En effet, à propos de la création d'un "parti
politique", Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français, adéclaré qu'elle préfèrait d'abord "tracer un sillon des convictions, dégager une véritable philosophie, quelque chose de profond avec un fil rouge", d'où émergera ensuite une
"solution". C'est exactement ce que nous pensons qu'il faut faire si l'on veut que le Printemps français soit efficace politiquement.
Dans cette perspective, nous présenterons la réflexion de
Vincent Peillon, ministre de l'"Education
nationale", qui dans un entretien aux Editions du Seuil pour la publication de son livre "La Révolution française n'est pas terminée", avoue qu'il veut tuer le catholicisme et, dans cette fin, trace un programme :
Il dit également - ce qui doit éveiller notre attention - s'opposer à la vision de la Révolution "française" de l'historien François Furet "et tous les historiens qui l'ont accompagné", à qui il reproche d'avoir présenté, au moment de la commémoration du bicentenaire de la Révolution, en 1989 un récit historique de "l'histoire de France et de la pensée républicaine" avec lequel il dit être "en désaccord".
Source video: http://www.gloria.tv/?media=457883
Dans cette video publiée par par Editions du Seuil le 08/10/2008), Vincent Peillon dit encore :
Dans La Révolution
française n’est pas terminée (Le Seuil, Paris, 2008), il écrit :
Et, le 2 septembre dernier, dans le Journal du dimanche, répondant à la journaliste Adeline FLEURY, Vincent Peillon déclare :
Peillon peut bien vouloir "écrire notre histoire" (en réalité la sienne et celle de sa Secte), "chaque génération réécrit son histoire..., pour s'accoucher dans le présent", dit-il, il n'en demeure pas moins qu'une nouvelle génération d'historiens avance, à la suite de François Furet, que "la Révolution est terminée"... Lire: Patrice Gueniffey : "La Révolution est morte" (Conférence du 3 octobre 2011).
D'un point de vue sociologique, un marqueur actuel fort de la mort de la Révolution dans l'inconscient collectif de la jeunesse de France nous semble être l'ensemble des Résistants, allant des"Veilleurs", aux maires de France contre la loi Taubira, aux Hommens, aux Antigones, aux Résistants passifs.
Les Veilleurs sont ces jeunes qui au cours du Printemps français, se sont levés pour refuser la fin de l'histoirevue sous le simple angle de la dialectique marxiste matérialiste. Ils prônent une autre "fin de l'histoire", une société fondée sur le réel et non sur l'idéologie.
A la violence révolutionnaire, les Veilleurs opposent la douceur
évangélique et le principe de non-violence, inscrit dans les principes mêmes du Printemps français. Cela fait toute la différence
entre notre société et la leur.
Les Veilleurs s'opposent au "diviser pour régner" engendré et entretenu par la société révolutionnaire, ils s'opposent à la repentance victimaire, ils s'opposent au creusement des inégalités engendré par la société dite "révolutionnaire" en réalité réactionnaire et oligarchique.
Les Veilleurs sont là pour dire que notre présent se construit dans le réel
et non dans l'idéologie, que la société se construit dans l'affirmation et non dans la négation. Ils sont dans l'affirmation
des principes de l'Ordre naturel et non dans l'agitation-propagande de la
déconstruction à l'infini de tout repètre traditionnel et naturel qui ne conduit qu'à la société constructiviste volontariste totalitaire.
A l'absolutisme de la Volonté générale, ils opposent la loi naturelle.
A la démocratie moderne volontariste, ils opposent les principes du
réalisme.
Leur altruisme sociétal s'oppose directement à l'égoïsme nihiliste économico-marchand de la société individualiste issue de la Révolution. A la loi du plus fort, ils invoquent la défense des plus faibles, des pauvres, de la Veuve et de l'Orphelin.
A l'horizontalisme d'une société morne n'offrant au monde qu'un sous-produit du matérialisme faisant continuellement du passé table rase, ils opposent le verticalisme de la transcendance et du spiritualisme en prenant ce qu'il y a de meilleur dans notre passé, le sublimant et lui donnant son véritable être. Ils sont là pour construire, quand les révolutionnaires de mai 68 sont là pour détruire. Ils sont dans la vie quand les autres sont dans la mort. Ils sont dans les principes vitaux quand les autres sont dans des principes conduisant à la mort.
Historiquement, comme le dit l'historien Patrice Gueniffey, dans sa conférence du 3 octobre 2011 :
Ainsi, avec les Veilleurs, les Hommens, les Antigones, nous voyons aujourd'hui une jeunesse se lever pour dire "stop" : la politique ne peut pas tout faire à l'infini. Non le président de la république ne peut pas se prendre pour Dieu sur terre... Non la volonté humaine ne peut pas être illimitée. Il y a un moment où la liberté a besoin de bornes et de limites pour exister. Non la Volonté générale ne peut pas changer le réel à l'infini...
Ils sont là pour dire que si César a pu se prendre pour dieu au Bas-empire, est venu ensuite une génération chrétienne pour se dresser contre le césarisme et lui dire non...
Dans ce "non", la philosophie enseigne que se trouve le début de la liberté.