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Augmenter les salaire?non!Augmenter les dividendes?oui!

 

Pas de crise pour les dividendes !

On se demande où est passée la crise financière de 2008, que les salariés continuent de payer au prix fort. En tout cas, les sociétés du CAC 40 vont distribuer 40 milliards d'euros de dividendes !

Récemment, Stéphane Hessel, corédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, appelait à l'indignation. Il y a vraiment de quoi s'indigner...

Imaginez qu'aujourd'hui une organisation syndicale française demande une augmentation des salaires de 13 %. Impensable, et pourtant, elle aurait un bon motif !

En annonçant dans la presse économique que les sociétés du CAC 40 vont distribuer à leurs actionnaires 40 milliards d'euros, au titre de l'année 2010, des analystes financiers vont sans doute provoquer quelques grincements de dents. Le plus incroyable, c'est que l'an prochain, la distribution des dividendes devrait s'élever à 43 milliards d'euros ! Sans doute un effet de la crise...

  • De l'année 2009 à 2010, l'augmentation des dividendes sera donc de 13 %.

Cela est d'autant plus ahurissant qu'une bonne partie des entreprises concernées ne paient quasiment pas d'impôt sur les bénéfices en France, et n'hésitent pas à délocaliser leurs activités et réduire leurs effectifs. Imaginons l'impact qu'aurait une augmentation générale des salaires de 13 %, ne serait-ce qu'au niveau de ces sociétés du CAC 40, sur une relance économique. Ne parlons pas d'inflation puisqu'il s'agit simplement de partager à moitié la richesse produite par le travail.

France Télécom apparaît comme la société la plus généreuse avec ses actionnaires, devant Vivendi et GDF-Suez. Gardant en mémoire le record de suicides de salariés dans ce groupe, notamment en 2010, il est difficile d'avoir une colère qui ne tourne pas à l'écoeurement et la révolte...

Une enquête télévisée récente évoquait quelques chiffres qui montrent que rien n'est fortuit : entre 2004 et 2010, les salariés des entreprises du CAC 40 ont eu une augmentation de salaire de 8 %. Durant la même période, les dividendes versés aux actionnaires ont augmenté de 110 %. En France, 40 % des salariés n'ont pas eu d'augmentation depuis au moins 5 ans, et le très libéral Jacques Attali indiquait que 80 % des richesses produites allaient dans les mains de 5 % des personnes.

 

Mais pour le sieur Trichet,pas question d'augmenter les salaires!

Addendum du 21/02/2011 : Combien coûte un banquier central ?

Dans ses «comptes annuels 2007» (téléchargeable en format .PDF), la BCE a donné pour la première fois la ventilation précise. Ainsi, le «traitement de base» du Président du directoire, Jean-Claude Trichet, est de 345.252 euros par an.

A ces sommes s’ajoutent « une indemnité de résidence et une indemnité pour frais de représentation. Pour ce qui concerne le président, un logement de fonction appartenant à la BCE est mis à sa disposition, à la place de l’indemnité de résidence. Conformément aux conditions d’emploi du personnel de la Banque centrale européenne, les membres du Directoire ont droit à des allocations scolaires, de foyer et pour enfant à charge, en fonction de leur situation individuelle.« 

Ces indemnités supplémentaires ainsi que « les prestations qu’ils ont perçues au titre des cotisations de la BCE aux régimes d’assurance maladie et accidents se sont élevées au total à 579 842 euros (557 421 en 2006), portant le montant total des émoluments à 2 207 366 euros (2 153 013 en 2006). »

Libération

Face à l’envolée des cours des matières premières, le patron de la banque centrale européenne met en garde contre les « effets de second tour » : hausse des prix… et des salaires. Car augmenter les salaires en Europe minerait les efforts de lutte contre le chômage.

 Martelant le credo de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet a réaffirmé que la lutte contre l’inflation, « un impôt sur les plus pauvres et les plus démunis qui sont les moins protégés« , restait « la priorité constante » de l’institution.

« Nous ne pouvons rien contre l’augmentation immédiate des prix du pétrole ou des matières premières. Mais en revanche, nous devons éviter à tout prix ce que nous appelons les ‘effets de second tour’, c’est-à-dire que les autres prix se mettent à bouger« , a déclaré le patron de la banque centrale européenne.

Éloge de la maîtrise des coûts

Et Jean-Claude Trichet a bien précisé qu’il entendait par là « tous les autres prix, y compris bien entendu les salaires« . Interrogé spécifiquement sur l’hypothèse d’augmenter ces derniers, il a estimé que « ce serait la dernière des bêtises à faire« .

« Lorsque je regarde le succès, ou le relatif insuccès, au sein de la zone euro, il est parfaitement clair que ceux qui ont su maîtriser leurs coûts connaissent un grand succès en matière de réduction du chômage, ce qui est quand même l’objectif majeur de la plupart des pays« , a-t-il poursuivi. Il a mis en avant la santé « remarquable » de l’Allemagne, parvenue à réduire son chômage pendant la crise, en soulignant que « depuis la création de la zone euro », les salaires dans la fonction publique n’avaient augmenté que de 17% outre-Rhin, contre « environ 35% » en moyenne en France et dans la zone euro.

LCI

 

Qu'en pensent les caissières de Carrefour?

 

Smic des caissières Carrefour. Le groupe Carrefour vient de se faire épingler pour non respect du Smic.

smic caissieres carrefourLe groupe Carrefour vient de se faire épingler par la Cour de cassation pour non respect du salaire minimum ( Smic).

Une centaine de salariés de Carrefour avaient porté l'affaire en justice en 2006. Carrefour incluait la rémunération des temps de pause dans son calcul du salaire de base. Ce dernier devant être d'un niveau au moins équivalent au Smic. Or, pour la Cour de cassation, le forfait pause des salariés ne peut être inclus dans le calcul du smic horaire. "Les salariés n'étaient pas à la disposition de l'employeur pendant les pauses" et "il en résultait que la prime rémunérant celles-ci, non reconnues comme du temps de travail effectif, était exclue du salaire devant être comparé au Smic", selon l'arrêt de la Cour de cassation.

 Le non-respect du Smic constitue une infraction pénale.

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