Dans ce livre qui mêle autobiographie et histoire, Jean-Marie Rouart se penche sur une énigme : qu'est-ce que la France ? Ou, plutôt quelle est sa France ? Cette question ne surprendra pas de la
part d'un écrivain dont les romans ou les chroniques n'ont cessé d'interroger les " papiers d'identité " de la France. Car Jean-Marie Rouart n'est pas " progressiste ", ni " réactionnaire ". Sa
France, de son aveu même, est " un jeu de miroirs avec la mémoire ", où l'on trouve Jeanne d'Arc et Romain Gary, l'aventure coloniale et la Résistance, l'affaire Dreyfus et le martyre des moines
de Tibhirine, Vichy et Valmy, Stendhal et de Gaulle, Drieu La Rochelle et Chateaubriand... " Sa " France, c'est aussi une aptitude à l'universel toujours contrariée par des régressions
identitaires ; c'est une façon d'aimer, une manière agnostique de rester chrétien... Avec ce livre, écrit à la première personne, l'auteur a donc choisi de voyager par l'esprit dans l'éternité
d'une nation où l'on a l'habitude de faire de la littérature avec l'histoire, et de la politique avec la littérature. A l'heure des menaces supranationales et des communautarismes triomphants,
Rouart pose la question suivante : comment sauver la France d'elle-même ? Comment préserver ce dosage improbable d'esprit et de racine, de fidélité à une mémoire et de disponibilité à l'avenir ?
Sommes-nous les contemporains d'une France qui " s'en va " ou d'une France qui demeure
Biographie de l'auteur
Romancier (Prix Interallié, Prix Renaudot), membre de l'Académie française, Jean-Marie Rouart est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont Ils ont choisi la nuit, Une jeunesse à l'ombre de la
lumière et Nous ne savons pas aimer
En juin 2003, l’académicien se faisait
chasser du Figaro, où il officiait depuis dix-huit ans au poste de directeur des pages littéraires. Comme toujours, Paris a beaucoup jasé, s’est indigné, a oublié.
Dans son dernier ouvrage, Jean-Marie Rouart décline sur 250 pages le livre des regrets de sa douce France. De la lecture de ce petit livre mélancolique et désenchanté se dégage une nostalgie
lyrique et communicative. On se laisse bercer par les rêves d'héroïsme de l’auteur, emporter par son évocation des moines massacrés à Tibéhirine, en Algérie, ou par celle du guerrier de sa
famille, Michel Forget.
Ces pages peuvent être lues comme une analyse d'une certaine idée de la France qui serait en train de disparaître, une véritable «mythologie française». L'Olympe y serait le Panthéon,
les dieux et les héros auraient les traits de Jeanne d'Arc et de Gaulle, des sans-culotte de Valmy, des képis blancs de Cao Bang, du capitaine Dreyfus et du jardinier Raddad. Mais l’impression
dominante est plutôt celle d’une méditation personnelle, d’un assemblage de souvenirs, unis par une nostalgie douce de lieux et de figures directement issus du panthéon de Jean-Marie Rouart, au
premier rang desquels Pierre Drieu La Rochelle et Romain Gary. Dans ce grand bal mélancolique, Rouart se montre dans l’emportement de ses coups de cœur, ses affections, ses afflictions : «Ce
qui m’intéresse, c’est le romanesque de ma vie.» Et c’est justement ce que ses pages peignent le mieux : souffrir, se consumer pour une femme qui vous brisera le cœur, errer l’âme en peine,
retrouver le bonheur, tout perdre à nouveau, être traîné dans un prétoire pour diffamation…
On gardera surtout de ce livre l'émotion, le goût de la langue, le bonheur des paysages, de Noirmoutier à la Corse. Et quand Jean-Marie Rouart cite Chamfort avec volupté ( «Les raisonnables
auront duré, les passionnés auront vécu»), on comprend que la vie de cet «arriviste sentimental», à l’image de son essai, est une déclaration d’amour pleine de fougue à la France, à
la vie…
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH