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2012,ce que veulent les Français.

                                                                       Valeurs actuelles cette semaine

C’est une France balayée par le pessimisme et partagée entre tentations “droitières” et aspirations à plus de protection et d’équité qui va se déplacer aux urnes dans trois mois et demi. Jamais le rejet des politiques n’a été aussi important. Jamais, non plus, l’incertitude n’a été aussi grande.

 

Ni Sarkozy ni Hollande… Pompidou ! À trois mois et demi de l’élection présidentielle, c’est du style de gouvernance du plus oublié des chefs d’État de la Ve République (1969-1974) que se rapprochent le plus des attentes des Français. Telle est l’une des conclusions iconoclastes des très sérieuses études réalisées par les sociologues du Cercle Sésame, tous dirigeants ou anciens dirigeants du prestigieux Centre de communication avancée (CCA, groupe Havas), qui viennent de publier Ce que veulent les Français, styles de vie 2012- 2017 (Eyrolles). Dépassés, les leaderships « tutélaire » (de Gaulle), « tech’novateur »(Giscard), « florentin » (Mitterrand), « statique » (Chirac) ou « fonceur » (Sarkozy) : nos compatriotes aspirent aujourd’hui au retour d’un « modèle de leadership passeur » à la Pompidou. Le seul, selon les auteurs – plutôt marqués à gauche – , à coller aux aspirations actuelles des Français.

 

EXTRAITS:

 Sur un certain nombre de points, la société française s’est même considérablement “droitisée”. Cela se vérifie sur la sécurité : 56 % de la population se retrouve, selon l’Ifop, dans la phrase : “On ne se sent en sécurité nulle part” (+ 6 points en un an ; + 16 depuis 2006). Cela se constate aussi, et surtout, pour l’immigration – le seul item testé par les sociologues du CCA où la notion de “fermeture” continue à progresser, au bout de cinq ans de mandat de Sarkozy, au détriment de celle d’“ouverture” : pour près de 7 Français sur 10 (66 %), “il y a trop d’immigrés en France”. Le rejet de l’islam, enfin, n’a jamais été aussi fort : 76 % de la population considère qu’il “progresse trop en France”, 86 % s’oppose à la participation financière de l’État dans la construction des mosquées…

Si Nicolas Sarkozy subit un réel discrédit sur son style et son bilan – expliquant le vote sanction dont il est victime dans les sondages de second tour – , Hollande pâtit, lui, du décalage entre son discours “humaniste” et le “durcissement” de son propre électorat sur ces questions – justifiant le peu d’adhésion dont il est l’objet au premier tour. Symbole de cette évolution sans précédent : pas moins de 62 % des sympathisants de gauche (contre 94 % à droite) jugent qu’“il y a trop d’assistanat et [que] beaucoup de gens abusent des aides sociales” ! « L’élection présidentielle dira ce qui pèse le plus lourd du rejet actuel de Sarkozy ou des insuffisances supposées de Hollande, explique Jérôme Fourquet. À moins qu’un troisième homme (François Bayrou) ou femme (Marine Le Pen) ne fasse mentir tous les pronostics. » Le premier est en phase avec l’opinion dans son discours de « compromis » et ses appels à « dépasser les clivages partisans » . La seconde est considérée par les électeurs – notamment les ouvriers, chez qui elle recueille… 35 % d’intentions de vote ! – comme celle qui pointe les « vrais problèmes ». Même si la défiance à l’égard de la classe politique (87 % !) touche l’ensemble de ses dirigeants, l’un et l’autre peuvent aussi bénéficier de leur éloignement des instances de décision pour créer la surprise : ni le MoDem ni le FN ne sont touchés par les affaires et l’usure du pouvoir (qu’il soit national pour l’UMP, ou local pour le PS).

Plus anti-Union européenne des candidats en lice, Marine Le Pen peut en outre compter sur le rejet de plus en plus vif de l’euro – un autre des traits marquants de la société française à l’aube de 2012. Publié la semaine dernière pour les dix ans de la monnaie unique, un sondage Ifop-le JDD révèle, en effet, que 50 % des Français considèrent que l’euro a été “plutôt une mauvaise chose pour la France”. Même s’ils ne sont que 36 % à prôner le “retour au franc”, cette étude ajoute encore au constat de sinistrose qui secoue la France : alors que nous étions encore 53 % à nous montrer “optimistes” début 2011, selon l’institut Harris Interactive, nous sommes désormais 55 % à nous dire “pessimistes”. Et même 81 %, selon BVA, à prédire que “2012 sera une année de difficultés économiques” : le score le plus élevé depuis le lancement de cette enquête, il y a près de… trente-cinq ans ! Plébiscité par près de 8 Français sur 10, le “changement”, outre le style des candidats, sera donc, plus encore qu’en 1981 et 2007, au coeur de la prochaine campagne. Changer, tout en prenant garde de rassurer : l’équation du futur président. Et nouveau Pompidou ? Arnaud Folch

Ces extraits montrent qu'un recours à la démocratie directe changerait considérablement les orientations de notre Pays,en matière économique,d'immigration ou de sécurité;voilà pourquoi ils ne veulent pas en entendre parler!

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