Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
Relayées par le tout nouveau blog des familles (Blogfamilles2011.fr) et au travers de nombreuses initiatives locales appelées à se développer dans les diocèses, cette Année de la famille portera de véritables fruits si elle a pour but ultime d’adapter la pastorale conjugale et familiale aux enjeux de la mission centrale de l’Église en ce XXIe siècle, dont l’épicentre est bel et bien l’évangélisation en profondeur de l’amour du couple et de son alliance : le mariage.
Mission quasi-impossible
Comme le titrait avec un brin de provocation bienvenue le congrès de Bordeaux, « réussir son couple » est effectivement aujourd’hui une mission quasi-impossible ! Sans être
docteur en psychologie ou sociologie, nous en savons tous quelque chose : dans notre réseau professionnel, chez nos amis, dans notre propre famille ou au sein même de notre couple, les
déchirures, les séparations ou les souffrances conjugales sont monnaie courante.
Dans toute l’Europe occidentale, la situation conjugale subit chaque année une vraie hécatombe : la durée du mariage en Europe est inférieure à dix ans ; bientôt un divorce ou pour deux mariages en France, et plus des deux tiers des couples sérieux qui démarrent leur vie commune aujourd’hui ne finiront pas leur vie ensemble...
Les chrétiens en sont-ils choqués ? Attristés, oui. Étonnés, non. Jean-Paul II, le premier pape de l’histoire à avoir proposé au monde une si profonde méditation sur le mariage et la
sexualité, relevait dans l’Évangile de Matthieu 19 la quasi-impossibilité purement humaine du mariage : devant la vocation universelle des époux dévoilée à la Genèse, face à la
réaffirmation par Jésus de leur appel à un amour intense et sans retour, les apôtres constatent fort dépités qu’il ne vaut mieux pas se marier !
La réponse de Jésus est très lucide mais ouvre sur une grande espérance pour tous les couples : de manière surprenante, il ne dément pas les propos de ses disciples, il ne les encourage
même pas, mais il leur assure qu’un tel appel est réaliste si cela vous est donné. Et ce don, nous le savons depuis 2000 ans, c’est le Salut du Christ et ce don de l’Esprit
répandu en nos cœurs si nous l’accueillons avec foi ; or ce don vivant et efficace, nous l’avons si souvent oublié ou méconnu, parfois même au cœur de l’Église et de nos
pastorales.
C’est pourquoi la foi chrétienne - et non pas simplement sa doctrine, ses rites ou ses valeurs généreuses, mais une foi vivante, fervente, incarnée, transformante - est ce don immense et irremplaçable pour les couples afin de mener le bon combat (cf. les épitres de Paul), et donc peu à peu réussir son mariage, c’est à dire construire et goûter un bonheur conjugal et familial qui traverse et dépasse les inévitables épreuves, se purifie, grandit en intensité et communion.
Espérance intérieure
Croyants ou non, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, en nous tous sommeille une espérance intérieure : constituer avec son conjoint un couple profondément amoureux, uni dans la communion
et le respect, où bonheur et vie commune riment avec « toujours ». C’est là en effet une aspiration universelle, quasi-génétique pourrait-on dire, mais, comme pour les apôtres,
cette aspiration profonde se heurte si souvent à une angoisse sourde ou lucide de l’échec du mariage et de la souffrance nourri par tous ces divorces, séparations, trahisons, déchirures, ...
dont chacun est témoin proche, acteur ou victime.
Le don immense que promet Jésus aux couples est donc « la » réponse pertinente aux conjoints pour réaliser leurs aspirations les plus profondes : c’est là une très Bonne Nouvelle pour tous nos contemporains, passagers d’un monde sans espérance, voyageurs égarés, lancés à tout vent de doctrines [1].
Alors si possible, lors de cette Année de la famille au sein de l’Eglise en France, de grâce ! ne nous noyons pas dans un certain intellectualisme dont la fille aînée de l’Eglise a parfois le triste secret !
Même si un bref état des lieux est effectivement utile (notamment sur le bilan missionnaire de quarante ans de pastorale de préparation au mariage), ne nous perdons pas dans un flot
d’analyses pour ausculter et disserter en tous les sens de la situation conjugale et familiale hexagonale, qui nous ferait oublier l’essentiel : comment annoncer le cœur de l’Évangile du
mariage de manière pertinente, crédible et attractive pour le plus grand nombre ? Quelles pastorales ou prédications mettre en oeuvre pour que le “kérygme conjugal” soit annoncé, attesté
et accueilli ? Comment mieux annoncer que Jésus-Christ vient sauver aujourd’hui le couple, le sexe, le mariage et l’amour des époux ? Combien de jeunes, de conjoints, de divorcés,
de veufs nous ont en effet témoigné depuis près de 30 ans de ministère sur ces sujets : « pourquoi m’a-t-on caché ce trésor de vie si longtemps ? », « pourquoi ne
m’a-t-on pas dit plus tôt par des mots simples, avec des témoignages que Jésus peut me sauver, sauver mon couple ? ».
Pastorale conjugale et Nouvelle Évangélisation
Alors que l’Église installe la Nouvelle Évangélisation à l’épicentre de son programme pastoral universel [1], il est opportun que l’Église de France à l’occasion de cette Année de la Famille
recherche désormais comment ancrer la pastorale conjugale au cœur de la Nouvelle Evangélisation : ceux qui l’expérimentent depuis des années constatent qu’un tel ancrage est
particulièrement fructueux au plan missionnaire et qu’il s’apparente quelque peu à une « bombe pastorale », termes dont un grand ami de Jean-Paul II qualifiait le contenu de ses
enseignements si percutants, tant en matière d’amour, sexualité et mariage que d’évangélisation ou de témoignage. Comme l’attestent les choix récents de Benoît XVI, il est temps de changer de
braquet missionnaire vu l’urgence des temps et notamment, vu la forte dégradation des situations conjugales et familiales.
En paroisse, en mouvement ou en diocèse, à l’occasion de veillées, blogs, célébrations, pèlerinages, conférences, retraites... approfondissons et expérimentons lors cette année 2011 la puissance salutaire de la révélation chrétienne, en ce sens qu’elle peut conduire concrètement beaucoup de couples au Salut “ici et maintenant” s’ils s’ouvrent à la grâce, la miséricorde, l’amour et à la vie de Dieu.
À cette fin, recueillons et diffusons de nombreux témoignages, donnons la parole à des jeunes, à des couples de tous âges pour qui la rencontre vivante du Christ a été concrètement source d’un renouveau voire d’une renaissance, d’une conversion ou même d’une guérison, d’une prise de conscience radicale dans leur vie affective ou sexuelle, conjugale ou familiale. Alors, comme dans l’Evangile - et avant tout parmi les enfants, premiers bénéficiaires du Salut accueilli par leurs parents - beaucoup se réjouiront et seront émerveillés par l’œuvre puissante de Dieu aujourd’hui.
Alors cette « Année de la Famille » ne sera pas inutile et portera un réel fruit de bénédiction !
à LIRE DANS LE CADRE DE L'ANNEE DE LA FAMILLE:
Prix : 2 €
L’auteur aborde son sujet de front. Il tente de faire comprendre à la première personne, dans un style direct, en s’appuyant sur son expérience, ses lectures, comment il vit sa paternité. Père de quatre enfants, il n’est pas loin de penser, comme Péguy, que le père de famille, ce héros qui fut détrôné de son piédestal, trahi par ses enfants, vilipendé à juste titre par nombre d’écrivains, au cours du terrible xxe siècle, pourrait connaître une seconde vie, à l’aube du xxie.
Nullement prosélyte, l’auteur ne juge pas les réfractaires de la paternité, mais il n’est pas loin de penser comme Kafka, le fils maudit, qu’élever des enfants demeure « l’extrême degré de ce qu’un homme peut atteindre ». Pourtant, rien ne le prédestinait, la cinquantaine venue, à devenir un père aimant. Adolescent, il était gavé de discours anti-familialiste, et se persuadait avec ses copains de Calais et de Lille où il a grandi, que jamais il n’aurait d’enfants, et qu’il n’y avait de pire destin que celui d’endosser le rôle du père. Héritier immédiat de 1968, il pensait la fonction caduque, et le mariage une pitrerie.
Trois décennies plus tard, il nuance le tableau. Et c’est avec une certaine gêne qu’il tente de comprendre maintenant ce déni de paternité. L’écrivain, sorte d’anti-Houellebecq, est un monsieur qui dit oui à la vie d’adulte, celui qui fait de l’instinct de reproduction l’affaire des femmes et des hommes, qui se confronte au sexe et à la mort, et qui célèbre les noces de la sexualité et de la reproduction avec une insistance parfois outrancière. Comme si de la génétique à l’éducatif, le cercle était parfait.
Son essai est sincère, et son plaidoyer cohérent : « Faire des femmes les seules garantes de la vie, écrit-il, c’est leur faire porter tout le poids de la mort, et c’est le comble de la misogynie, qui n’est certes pas l’apanage des hommes. » Et puis, les pages sur les lourdeurs de la procréation médicalement assistée sont vraiment réjouissantes. Enfermer un homme dans une cabine avec des photos pornographiques, c’est encore aujourd’hui la manière dont la médecine conçoit le don du sperme. Il y a de quoi pleurer.
Le père divinisé du Père Goriot est peut-être mort, le père idéal de Victor Hugo, également, le père honni a accouché de grands écrivains. Mais est-ce une raison pour que son nom vienne à disparaître. Tapez instinct de paternité, Google vous proposera de recommencer avec cette orthographe : « Instinct de maternité. » La paternité demeure bien une aventure.
Georges Leroy
LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE
15,AVENUE FOCH