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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 15:46
Église et immigration

Entre permanence et variation

 

Le monstre du Loch Ness ayant définitivement disparu des écrans, l’actualité médiatique de l’été s’est concentrée une fois encore sur l’immigration et la violence qui lui est associée. Les émeutes de Grenoble, suite à la mort de Karim Boudouda, le 16 juillet, au cours du braquage du casino d’Uriage-les-Bains, et la mise à sac de la gendarmerie de Saint-Aignan, le 18 juillet, par une cinquantaine de gens du voyage au nom bien français de Duquenet, se sont percutées. Nicolas Sarkozy a parlé, promis, amalgamé gens du voyage et Roms, et agi dans l’esbroufe, comme d’habitude : il a ainsi fait démanteler des camps illégaux de « personnes non sédentarisées », leurs occupants étant renvoyés dans leur pays d’origine, essentiellement la Roumanie, percevant 300 € par personne en passant par la case départ ce qui leur permet d’être de retour la semaine suivante au nom de la libre circulation des biens et des personnes dans l’Union européenne. Pour les émeutiers de Grenoble, qui ne sont pas tous Français, aucun dispositif analogue de retour au pays n’a été prévu, sans doute pour ménager l’islam. La presse s’est emparée des propos du pape appelant à « savoir accueillir les légitimes diversités humaines », certains évêques se laissant aller à des déclarations pour le moins exaltées et inopportunes : ainsi Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, déjà bien connu par ailleurs pour son hostilité à la célébration de la forme extraordinaire du rite romain, n’a pas hésité à comparer l’expulsion des Roms vers leur pays d’origine à la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ! On ne devrait jamais quitter… Kergonan.

 L’immigration au regard de l’enseignement de l’Église ?

Par-delà cette écume médiatique, qu’en est-il de l’immigration au regard de l’enseignement de l’Église ? Dans le Catéchisme de l’Église catholique, nous lisons : « Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent. Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges » (§ 2241).

Le droit naturel à l’immigration que reconnaît l’Église est une conséquence de la destination universelle des biens de la terre. La terre et tout ce qu’elle renferme ont été donnés par le créateur à l’humanité en général afin d’en tirer sa subsistance et de la peupler. Dans Rerum Novarum (1891), Léon XIII écrit : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples. » Cependant, de même que la propriété privée est légitime pour une personne, elle l’est également pour un peuple. Une nation est propriétaire du pays qu’elle occupe. S’il est ce qu’il est, ce n’est pas le simple fruit du hasard mais la conjonction de divers éléments d’ordre climatique, historique, religieux, géographique, civilisationnel…

Pour légitimer l’ouverture inconditionnelle des pays riches de basse pression démographique aux populations des pays pauvres de haute pression démographique, un certain nombre de théologiens catholiques invoquent l’état de nécessité. Ils se fondent sur la lettre de Pie XII aux évêques américains en 1948 : « Vous savez certainement avec quelle anxieuse sollicitude et préoccupation Nous accompagnons ceux que les révolutions internes de leur patrie, ou bien le chômage et la faim, ont forcé d’abandonner leur foyer et de se fixer à l’étranger. Que pour eux doivent être libres les voies de l’émigration, le droit naturel l’exige, non moins que la pitié envers le genre humain. Le Créateur de l’univers, en effet, a établi toutes choses, en premier lieu, pour l’utilité de tous ; c’est pourquoi la domination de chaque nation, bien qu’elle doive être respectée, ne peut être exagérée au point que, si un endroit quelconque de la terre offre la possibilité de faire vivre un grand nombre d’hommes, on n’en interdira pas, pour des motifs insuffisants et pour des causes non justifiées, l’accès à des étrangers nécessiteux et honnêtes, sauf s’il existe des motifs d’utilité publique, à peser avec le plus grand scrupule ».

Pie XII définit bien là un cas d’extrême nécessité (« forcé d’abandonner ») conditionné par les capacités d’accueil du pays d’immigration (« utilité publique ») et la qualité des immigrants potentiels « honnêtes ». Il est revenu à différentes reprises sur le sujet, s’adressant aux États-Unis d’Amérique (le 22 octobre 1949) ou à l’Argentine (le 2 décembre 1956). C’est parfaitement clair : le pays d’accueil a le devoir, s’il le peut, d’accueillir généreusement de nouveaux arrivants et de leur assurer des conditions de vie décentes et le respect des droits naturels inhérents à la dignité de tout être humain créé à l’image de Dieu : ne pas être exploité, volé, tué… On notera que ce texte ne s’applique, à l’époque, qu’à des mouvements de population qui se déroulent à l’intérieur de la même aire civilisationnelle, soit essentiellement de l’Ancien vers le Nouveau Monde. En effet, les grandes migrations de populations non occidentales vers des pays de civilisation chrétienne n’ont commencé que vers les années 80. Accueillir 1 million d’Italiens en Argentine, ce n’est pas la même chose qu’accueillir 1 million de Bambaras à Paris.

Concrètement, se pose immédiatement la question du regroupement familial. L’émigration vers le Nouveau Monde fut immédiatement une migration de peuplement avec femmes et enfants vers un monde peu peuplé, et en partie dépeuplé... En revanche la France fit appel à partir de la fin du XIXe siècle à des travailleurs généralement sans famille et d’origine européenne. Le fait est qu’une immigration de longue durée ne peut se concevoir soit que pour des célibataires qui se marieront sur place, soit pour des familles déjà constituées. Il faut cependant être conscient que cette immigration de travail devient alors une immigration de peuplement. Les enfants, fruit naturel du regroupement familial, n’auront pas de raison de quitter une terre qui les a vus naître et qui leur assure des conditions de vie bien plus favorables que le pays d’origine de leurs parents. La loi de 1976, voulue par Jacques Chirac et instaurant le regroupement familial, ne pouvait que transformer une immigration de travail en une immigration de peuplement.

 Immigrés : des droits et des devoirs

Pie XII évoque « l’utilité publique », le Catéchisme de l’Église catholique parle du « bien commun ». Ce bien commun ne se résume pas à une somme d’intérêts matériels aussi légitimes soient-ils. En font également partie tous les éléments qui contribuent à la paix civile et à la concorde entre citoyens : communauté de mœurs, de coutumes, de langue, de religion, sens de l’intérêt général.

Pie XII écrivait le 13 mars 1946 : « En cette matière (l’immigration) ce ne sont pas les seuls intérêts des immigrants, mais aussi la prospérité du pays qui doivent être consultés. »L’arrivée massive et rapide d’immigrants de culture, de langue et de religions différentes de celles du pays d’accueil crée des problèmes de coexistence entre les groupes. Cela d’autant plus que, par un phénomène naturel, les immigrants de même culture ou de même origine ethnique tendent à se regrouper entre eux dans des sortes de « ghettos » qui créent ensuite des difficultés avec les autochtones. D’où la liste de devoirs fixés à l’immigré par le Catéchisme de l’Église catholique : « Respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, obéir à ses lois, contribuer à ses charges. » Pour les papes comme pour le Catéchisme, il est donc clair que les droits des immigrés sont étroitement liés à leurs devoirs envers ceux qui les accueillent.

Malheureusement certains documents, d’une moindre autorité magistérielle, présentent une tout autre tonalité. Ainsi l’instruction du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, Erga migrantes Caritas, du 3 mai 2004 exhorte : « Les laïcs doivent donc accueillir les migrants comme des frères et sœurs, et œuvrer pour que leurs droits, notamment concernant la famille et son unité, soient reconnus et protégés par les autorités civiles » (chap I, art 2, §1). Il s’agit d’un impératif catégorique, « doivent », sans aucune condition. Cette obligation est plus contraignante que le simple appel à l’effort lancé aux catholiques expatriés dans le même document, tel qu’il apparaît à l’art 3, § 1 : « Les fidèles qui décident de vivre auprès d’un autre peuple s’efforceront d’estimer le patrimoine culturel de la Nation qui les accueille, de contribuer au bien commun et de propager la foi, principalement par l’exemple d’une vie chrétienne. »

Ce manque flagrant d’équilibre se retrouve, par exemple, dans le document publié par la Conférence des évêques de France à l’occasion des élections présidentielles de 2007, intitulé : « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Nous y lisons : « Pour les chrétiens, l’accueil des migrants est signe de l’importance attachée à la fraternité. Le sujet est difficile et nous savons l’extrême sensibilité de nos concitoyens en ce domaine. Comment pourrions-nous nier les problèmes ? Comment pourrions-nous nier qu’un pays comme le nôtre a des limites à sa capacité d’accueil ? Cependant, il convient de prendre notre juste part à cet accueil. Et juste, ici, veut dire de façon généreuse. Évêques, nous voyons nos communautés accueillir nombre de ceux qu’on appelle des étrangers ou des migrants. Leur présence nous amène à formuler quelques convictions : nous estimons normal que notre pays définisse une politique de l’immigration. Cela fait partie de la responsabilité gouvernementale et tout gouvernement doit faire face à cette question.

Dans l’Église, cependant, il n’y a pas d’étranger (...) Dans bien des communautés, les étrangers ont le souci de partager avec d’autres, nous en sommes témoins ! Parmi les migrants, beaucoup, pour s’établir en France, ont franchi des difficultés considérables et certains ont risqué leur vie. Pourquoi ne pas porter à leur crédit cette volonté de rejoindre notre pays et ne pas se fonder sur elle pour leur trouver une place dans la société nationale ? Certes, nous ne pouvons pas recevoir tout le monde, mais il nous est aussi impossible de renvoyer tous les clandestins. Notre pays doit pouvoir continuer à recevoir les réfugiés politiques et ceux qui risquent des persécutions, y compris religieuses, dans leur pays. »

Par-delà quelques propos de bon sens, ce qui frappe dans ce texte c’est la grande confusion intellectuelle et l’exaltation de l’émotion compassionnelle. Affirmer que, dans l’Église, « il n’y a pas d’étranger » ne veut rien dire. C’est confondre les plans naturels et surnaturels. Les baptisés constituent l’Église militante, les saints font partie de l’Église triomphante et les âmes du purgatoire de l’Église souffrante. Ceux qui n’appartiennent pas à ces catégories sont matériellement étrangers à l’Église, même s’ils en sont potentiellement tous membres. D’autre part, à entendre nos évêques il semblerait qu’une immigration entre catholiques ne pose pas de problème, or c’est faux : les implantations conflictuelles de travailleurs polonais en Allemagne dans la période 1870-1914 l’ont montré. Surtout, cet argument est largement hors sujet, puisque l’immigration en France est aujourd’hui essentiellement musulmane.

Si les immigrés ne quittent pas leurs pays pour le plaisir, ils le font souvent par intérêt et sans trop de drame. Les conditions que prétend décrire le document épiscopal s’apparentent au roman misérabiliste type Emile Zola ou Eugène Sue, corrigé par la Bonne Presse et mis en scène par Mgr Gaillot : « Ils ont franchi des difficultés considérables et certains ont risqué leur vie ». Faudrait-il donc ouvrir toutes grandes nos frontières pour réduire ces « difficultés considérables » ? Enfin, ce qui frappe dans ce document épiscopal est ce qu’on n’y trouve pas : le rappel des devoirs des immigrés vis-à-vis de leur pays d’accueil, que le Catéchisme, lui, n’avait pas oublié.

Pour résumer, ce document épiscopal se livre à une manipulation sentimentale qui ne tient pas compte de l’enseignement romain. Ayant rendu hommage, du bout des lèvres, au bon sens (« Nous estimons normal que notre pays définisse une politique de l’immigration » ; « Nous ne pouvons par recevoir tout le monde »), ce texte préconise l’accueil des migrants comme signe de fraternité et de compassion : « Ils ont franchi des difficultés considérables et certains ont risqué leur vie ». Suit une prétendue évidence : « Il nous est impossible de renvoyer tous les clandestins » et des devoirs inspirés par la société politique : « Notre pays doit pouvoir continuer à recevoir les réfugiés politiques et ceux qui risquent des persécutions, y compris religieuses, dans leur pays. »

Dans le discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de Lourdes, le 4 novembre 2003, le Cardinal Ricard avait déjà insisté sur « le courage d’agir (…) pour que soit sauvegardé le droit de toute personne persécutée à trouver asile dans notre pays. » On dirait Nicolas Sarkozy déclarant au soir du 6 mai 2007 : « Je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde, je veux leur dire que la fierté, le devoir de la France sera d’être à leurs côtés. La France sera aux côtés des infirmières libyennes (elles étaient bulgares, mais passons) enfermées depuis huit ans, la France n’abandonnera pas Ingrid Bettancourt, la France n’abandonnera pas les femmes qu’on condamne à la burqa, la France n’abandonnera pas les femmes qui n’ont pas la liberté. La France sera du côté des opprimés du monde. C’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’histoire de la France. » C’est surtout un vaste programme dont il n’est pas certain que nous ayons les moyens.

Élu président de la République, Nicolas Sarkozy déclarait dans le même registre, à Sofia, le 5 octobre 2007 : « Chaque fois que quelqu’un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement Français. » Tout cela paraît très beau, très noble, mais à y bien regarder c’est très bête et très injuste. Le schéma est toujours le même : les immigrés ont des droits, beaucoup de droits et peu de devoirs et les Français de souche ont des devoirs, beaucoup de devoirs et peu de droits.

Nous le disons à Mgr Ricard comme nous le disons à Nicolas Sarkozy : Non possumus. Nous ne pouvons pas accepter ce faux équilibre, d’aussi haut soit-il prêché ! Nous ne le pouvons pas, par fidélité à nos morts, au nom de la piété, nous ne le pouvons pas, pour l’amour de nos enfants, au nom de la justice. Nous ne pouvons souscrire à cette entreprise politique de désarmement moral de la France qu’une partie des évêques semble mener. Cette entreprise apparaissait clairement dans le communiqué de NNSS de Berranger (évêque de Saint-Denis) et Schockert (évêque de Belfort-Montbéliard). « à propos du projet de loi sur l’immigration », le 1er octobre 2007. Le début de la déclaration est un non-sens absolu : « Les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d’autres sans-papiers ». Pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas rajouter « entre voleurs et volés, honnêtes gens et hors-la-loi… » ? Confondre l’égale dignité des personnes, toutes enfants de Dieu, et l’équivalence de tous les comportements, est une confusion dont on souhaiterait que des évêques s’abstiennent. Le bon et le mauvais larron ne sont pas considérés par le Christ de la même manière, nonobstant leur égale dignité. En mettant sur un pied d’égalité migrants « réguliers » et « clandestins », nos évêques se mettent directement en opposition avec le §2241 du Catéchisme de l’Église Catholique, précédemment cité, qu’ils sont censés prêcher.

Nos évêques faisaient ensuite appel à la « conformité avec le droit européen et international » des mesures en discussion. C’était la reconnaissance d’une référence absolue à la loi civile, à l’exclusion de toute loi morale qui lui serait supérieure : ce qui compte c’est que les mesures projetées soient en harmonie avec la législation civile en vigueur. Quant à la loi de Dieu il n’en est nulle part question ! En revanche, quand il s’agit de mettre en cause des lois qui restreignent l’immigration, nos évêques découvrent qu’il y a des lois au-dessus des lois civiles, par exemple en ce qui concerne l’expulsion des « sans-papiers » qui sont, d’abord, des clandestins. Tout cela n’est pas très cohérent. Le document condamnait ensuite « les mesures toujours plus restrictives à l’encontre des migrants (…) concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation ». Est-ce de la cécité ou du mensonge ? Nos évêques ne semblent pas voir les 150 000 acquisitions annuelles de la nationalité française pour un nombre d’entrées légales sur le territoire national qui était en 2009 de 175 000 personnes. Quant aux « chances de la mondialisation », c’est une pétition de principe politique qui n’a rien à voir avec le ministère des évêques. Les millions de chômeurs français victimes de délocalisations seraient heureux d’en débattre.

Enfin, le document déclarait intangible le « regroupement familial qui est un droit toujours à respecter » et faisait ainsi toucher du doigt le grand absent de la déclaration épiscopale : le bien commun de la France, le « regroupement familial » dans le pays d’origine ne faisant pas partie des hypothèses envisagées ! En effet, la France dispose d’une identité. Comme une famille, elle a son histoire, son niveau de vie fruit de son travail et de celui de ses anciens, des valeurs auxquelles elle est attachée. Le droit légitime des familles immigrées au regroupement familial est subordonné au bien commun encore plus légitime du pays d’accueil. Ce qui frappe dans ce texte comme dans la déclaration des évêques de France pour l’élection présidentielle : « Qu’as-tu fait de ton frère ? », c’est qu’aucune contrepartie n’est exigée des migrants auxquels les portes de notre pays doivent être largement ouvertes.

Cet état d’esprit est malheureusement largement répandu. Dans le compendium de la Doctrine Sociale de l’Église publié en décembre 2005 la question des migrations est abordée dans 5 articles. Le premier renvoie à l’encyclique de Paul VI Octogesima adveniens, pour les quatre-vingts ans de Rerum Novarum (§ 100). Le deuxième dénonce l’exclusion sociale dont sont victimes les immigrés à cause du chômage (§ 289). Le troisième énonce que « les immigrés, dans la majorité des cas, répondent à une demande de travail qui, sans cela, resterait insatisfaite, dans des secteurs et des territoires où la main d’œuvre locale est insuffisante ou n’est pas disposée à effectuer ce travail » (§ 297). Ce fut le cas en France dans les années 60, ça ne l’est plus depuis environ quarante ans (ne sont donc pas concernés tous les immigrés arrivés depuis.) Le quatrième demande aux pays d’accueil de ne pas exploiter la main d’œuvre d’origine étrangère, de lui offrir les garanties requises par la dignité de la personne humaine et enfin de respecter et favoriser le regroupement familial (§ 298). Enfin, le dernier exhorte les syndicats à protéger non seulement les catégories traditionnelles de travailleurs mais aussi les immigrés (§ 308).

 La contagion du personnalisme

Sans entrer dans le détail de l’analyse, on peut conclure que le schéma général est le même que dans la déclaration épiscopale : « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Les devoirs sont d’un côté, les droits de l’autre. Cependant le discours prononcé à Bruxelles par Mgr Agostino Marchetto, Secrétaire du Conseil pontifical pour la Pastorale des Migrants, dans le cadre du Forum global sur migration et développement (9-11 juillet 2007) rend un son de cloche un peu différent : « Les droits et les devoirs vont de pair » (…) ; « Les migrants ont donc en même temps le devoir de respecter l’identité et les lois du pays où ils résident, de s’efforcer de s’intégrer correctement dans la société d’accueil et d’en apprendre la langue. Ils doivent favoriser l’estime et le respect pour le pays d’accueil, au point même de l’aimer et de le défendre. »

Mais cela se fondait dans un ensemble politiquement correct sur la liberté religieuse et les droits des clandestins. Et le même Mgr Marchetto déclarait, à Manille, le 29 octobre 2008 à l’occasion du second Forum mondial sur les migrations, en conclusion : « Les migrants ne sont pas seulement un problème, mais un don pour nos sociétés. Ils nous aident dans notre travail, nous obligent à ouvrir nos esprits, nos économies et nos politiques, et nous encouragent dans la recherche de nouveaux modèles. »

Ces flottements, ces repentirs, ces coups de flou romains qui répondent aux coups de boutoir épiscopaux manifestent un primat des droits de la personne humaine, qui prend de moins en moins en compte les légitimes droits de la société et fait toujours moins référence au bien commun. On peut y voir l’influence de la philosophie personnaliste d’Emmanuel Mounier, dont nous savons que Jean-Paul II fut un lecteur assidu. Le personnalisme a marqué plusieurs des papes du XXe siècle.

Dans le numéro 182 de l’AFS, l’article, Doctrine Sociale de l’Église et personnalisme, fait d’utiles rappels sur cette question. Citant Pie XI dans Divini Illius Magistri (31 décembre 1929), il rappelle que « ce bien commun d’ordre temporel consiste dans la paix et la sécurité dont les familles et les citoyens jouissent dans l’exercice de leurs droits et en même temps dans le plus grand bien être spirituel et matériel possible en cette vie, grâce à l’union et à la coordination des efforts de tous. » La primauté de la cité sur la personne était, jusqu’à une date récente, une constante de la pensée sociale de l’Église ainsi formulée par saint Thomas d’Aquin : « Selon la nature, la cité est première par rapport à un seul homme » ou par Marcel de Corte : « La personne, prise dans la ligne de sa destinée temporelle est radicalement ordonnée au bien commun de la société temporelle dont elle est membre » (Réflexions sur la nature de la société politique in Ordre français n° 191).

Là contre se dresse l’enseignement post-conciliaire : « La personne humaine est et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales » (CEC § 1881) ; « La personne représente le but ultime de la société qui lui est ordonnée » (§ 1929) ; « Le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales sont et doivent être la personne » (Compendium du CEC, art 402). Jean Madiran analysait dès juin 1986 dans Itinéraires cette inversion capitale de l’enseignement romain : « L’esprit nouveau de la nouvelle doctrine est parfaitement récapitulé dans une formule de l’Instruction (§ 76) sur la liberté chrétienne et la libération (23/03/1986) selon laquelle “le bien commun de la société humaine est au service des personnes” : révolution copernicienne par rapport à la doctrine traditionnelle qui, en sens inverse, incite les personnes à être au service du bien commun. (…) Enseigner que le bien commun est au service des personnes procure à la personne humaine la formulation philosophique de son non serviam. »

 La primauté de la cité sur la personne

La vérité oblige à dire qu’à côté des débordements verbaux de certains évêques d’autres ont tenu des propos plus sensés comme le Cardinal Vingt-Trois rappelant : « On n’a pas vocation à accueillir tous les Roms en France » ou affirmant qu’« il est difficile de nier qu’il y a un rapport entre l’immigration et la délinquance ». De même Mgr Brincard, évêque du Puy-en-Velay, a rappelé « les racines chrétiennes de la France » et que « les autorités politiques peuvent, en vue du bien commun dont elles ont la charge, subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect du devoir des migrants à l’égard du pays d’adoption ». Le cardinal Biffi, alors archevêque de Bologne, déclarait de son côté dans le Figaro du 2 novembre 2000 : « Le droit à l’invasion n’existe pas (…) Rien n’interdit à l’État italien de gérer l’immigration de manière à sauvegarder son identité nationale. »

Contre l’humanisme dévoyé de certains clercs et des idéologues qui les inspirent, il nous paraît légitime et conforme à l’enseignement de l’Église de chercher à limiter l’immigration, voire à la supprimer. Cela pour les raisons suivantes.

La France n’a plus les capacités matérielles ni le minimum d’énergie vitale lui permettant d’intégrer à son histoire des millions de personnes étrangères à sa culture et à sa civilisation, pour qui elle n’est souvent qu’une aire géographique où coulent en abondance le lait et le miel des subventions et des aides diverses (Ubi bene, ibi patria). Ainsi, l’AME (Aide médicale d’État), qui prend en compte les frais médicaux des étrangers en situation irrégulière sur notre territoire national, coûte 100 millions d’euros par an avec un taux de croissance sur deux ans de 17 % !

L’existence même de la France comme nation blanche, de civilisation chrétienne –fille d’Athènes, de Rome et de Jérusalem– est directement remise en cause dans ce processus. Nous ne défendons ni des intérêts matériels, ni même une certaine « idée de la France », c’est la réalité charnelle de nos cathédrales et de nos calvaires, la terre où reposent nos morts, l’héritage de nos saints, de nos rois, de nos poètes et de nos écrivains, le mode de vie qu’ils nous ont transmis, que nous voulons conserver, comme nous voulons continuer à entendre sonner la cloche de nos églises même les plus modestes.

Comme Jeanne d’Arc aimait les Anglais chez eux, nous ne sommes pas avares de notre affection pour tous les peuples de la terre mais, chacun chez soi et, à tout le moins, que celui qui est chez les autres agisse manifestement au service du bien commun de ses hôtes. L’immigration massive de populations étrangères à notre civilisation n’est pas la seule source de nos maux, elle en est en tout cas la conséquence et le révélateur.

Que les Français commencent par s’aimer eux-mêmes, par s’aimer entre eux, par aimer leur Histoire et leur terre avec la volonté de la transmettre à leurs (nombreux) enfants et tout redeviendra possible avec la Grâce de Dieu. J.-P.M.

 Rome et les Roms

Le 22 août dernier, Benoît XVI déclare, en français, lors de l’Angelus dominical : « Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au Salut. C’est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue. » Dès le lendemain, 23 août, la presse interprète la déclaration du pape comme une opposition aux expulsions de Roms. La presse se transforme en autant de bulletins paroissiaux et Libération titre : « Sarkozy se fait sonner les cloches ». Interrogé, le secrétaire du Conseil pontifical pour la Pastorale des migrants et les personnes en déplacement, Mgr Marchetto, abonde dans le sens de l’interprétation des propos du pape donnée par les médias : « Les expulsions en masse des Roms vont à l’encontre des normes européennes » (…) « On ne peut pas généraliser et prendre tout un groupe de personnes et les expulser. » Notons que le 25 août, le pape a accepté la démission de Mgr Marchetto atteint par la limite d’âge.

Or la déclaration du pape revêtait d’abord une dimension surnaturelle : « Tous les hommes sont appelés au Salut », ce qui ne veut pas dire « tous les hommes ont le droit de venir en France ». De plus, le “Salut” en cause est évidemment le Salut éternel. Ensuite « savoir accueillir toutes les légitimes diversités humaines » semble plus une exhortation à lutter contre le nivellement des cultures et le mondialisme qu’un appel à un melting-pot généralisé organisé sur le territoire de la Fille aînée de l’Église.

Les déclarations de Mgr Marchetto sont affligeantes car sa vocation est de rappeler la loi de Dieu et non les normes européennes, il y a déjà tout ce qu’il faut de commissaires pour cela. Et il n’est pas juge du bien commun de chaque nation. Verrait-il un inconvénient à expulser un gang mafieux étranger vers sa patrie d’origine ?

RENAISSANCE CATHOLIQUE

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 15:28

REN-CATHO-copie-1.jpg

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 09:13

Il y a 63 ans, le 5 octobre 1947, création du Kominform



 Le 5 Octobre 1947 voit la création du Kominform (bureau d’information en russe). Cet organisme est en quelque sorte le successeur de la IIIème internationale (ou Kominterm) dissoute quelques années auparavant.

Ce jour là est l’occasion pour Jdanov d’exposer sa doctrine, La « doctrine Jdanov ». Il s’agit d’une réaction à la doctrine Truman qui vise à endiguer le communisme en offrant une assistance politique, matérielle et militaire aux pays menacés par la montée du communisme. Jdanov, secrétaire du parti communiste de l’URSS distingue à cette occasion « le camp impérialiste et antidémocratique » du  « camp anti-impérialiste et démocratique ». Il faut comprendre les Etats-Unis et leurs alliés face à l’URSS et ses alliés. A cette occasion, l’oligarque communiste défend la «voie du progrès démocratique »  dans laquelle l’URSS s’est engagée (l’histoire nous a appris ce que fût cette « démocratie ») et fustige également les « fascistes » de l’autre camp. On remarque avec étonnement que la vision manichéenne de Jdanov et des années 50 semble toujours vive chez certains nervis de gauche qui hurlent au « fascisme » dès que des éléments un temps soit peu conservateurs se dressent contre eux. La vieille technique du Kominterm et du Kominform est décidément la seule recette de l’extrême gauche.

 L’idéologue communiste poursuit en affirmant que « C'est aux partis communistes qu'incombe le rôle historique de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d'asservissement de l'Europe ». Mais on nous dira après cela que le respectable parti communiste français n’a jamais eu aucun lien avec l’URSS. « Le parti des fusillés » ainsi qu’il aimait à se « victimiser » à l’époque. Il convient de dire que le communisme français fût un mouvement saboteur en France pendant le pacte germano-soviétique, il ne fut résistant qu’après l’invasion de l’URSS par les allemands en 1941. La présence du PCF à la création du Kominform est une autre expression des liens qui unissaient le PCF à l’URSS. Curieusement, à cette occasion, les dirigeants communistes français furent alors critiqués pour leur participation au gouvernement d’après guerre. Dès lors la politique du PCF se durcit et le parti entra dans l’opposition à cette période. Le 2 octobre, au vélodrome d'hiver, Maurice Thorez, secrétaire général du P.C.F., déclara que le moment était venu "d'imposer un gouvernement démocratique où la classe ouvrière et son parti exercent enfin un rôle dirigeant". Le 29 octobre, une bataille rangée opposa les forces de l'ordre aux militants communistes dans les rues de Paris. Le déraillement provoqué de l'express Paris-Tourcoing, le 3 décembre, causa 16 morts. De nombreuses condamnations pénales furent alors prononcées pour sabotage. Le gouvernement dût prendre des mesures d’urgence pour lutter contre cette situation (envoi de CRS dans les mines, rappel des réservistes pour maintenir l’ordre)

C’est également à ce moment que la Vierge apparût à l’Ile Bouchard à de jeunes enfants et leur dit : « dites aux petits enfants de prier pour la France, car elle en a grand besoin » (le 8 décembre 1947). Le contexte insurrectionnel dans lequel se trouvait le pays en cette période ne déboucha finalement pas sur un coup d’état communiste.

Le Kominform perdit de son influence à partir de la mort de Staline en 1953 et fut finalement dissous en 1956 (à l’époque de la dénonciation des crimes de Staline).  Cette structure est néanmoins assez emblématique de la manière dont les communistes (internationaux avant d’être patriotes) fonctionnaient. Il est bon également de rappeler quels furent les liens qui unirent le PCF à l’URSS de Staline responsable de la mort de millions de personnes (ne fût-ce que dans les goulags ou par la famine en Ukraine). Ces gens-là ont beau jeu de donner aujourd’hui, à la France et aux français, des leçons de morale. L’histoire et le bon sens sont deux éléments qui donnent évidement tort au communisme, voilà pourquoi il est utile de connaitre le premier et de savoir user du second.

 Pierre de Bellerive



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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 08:41
XXVIe Université annuelle du Club de l'Horloge

« La France en faillite ? Pourquoi nous croulons sous la dette et les impôts »
Samedi 9 octobre 2010

  Qui a endetté la France ?
Résumé de la communication de Jean-Yves Le Gallou

 

Qui a endetté la France ?
La réponse est simple : la dynastie des Endettors qui gouverne la France depuis 1981.

La dynastie des Endettors arrive au pouvoir en 1981 : elle ne l’a pas quitté depuis.

Lorsque François Mitterrand, Endettor-Ier, arrive au pouvoir, la dette de la France est de moins de 300 milliards (en équivalent euros actuels) ; il l’a porte à 650 milliards. Jacques Chirac, Endettor-II, double lui aussi la dette qui atteint à son départ de l’Elysée près de 1.200 milliards. Endettor-III, Nicolas Sarkozy, va faire encore mieux : en trois ans seulement il porte la dette à 1.600 milliards. Tous les premiers ministres successifs ont pris activement part à cette politique.

Tous ces hommes ont eu une logique courtermiste. Leur horizon s’est souvent borné à la prochaine élection : « Plaire aujourd’hui… et facturer le plus tard possible », telle a été leur devise.

La logique clientéliste des Endettors-Distributors

A partir du moment où la vision du long terme s’estompe et où le souci de l’intérêt général disparaît, le clientélisme s’impose comme règle majeure de la décision politique. Et la loi du marché politique s’applique de manière implacable. Cette loi peut se formuler ainsi : toute dépense nouvelle destinée à un petit nombre de bénéficiaires rapporte davantage de voix d’électeurs que la dissémination de l’impôt supplémentaire correspondant sur l’ensemble des contribuables ne fait perdre de suffrages. En clair : augmenter les dépenses est électoralement payant.

Un autre point mérite d’être signalé : le Parlement est un club de grands élus. D’où le système du député/maire : le maire s’achète des clientèles qui lui permettent de se faire élire député ; et le député vote des impôts d’Etat qui abondent à hauteur de près de 90 milliards – le cinquième du budget de l’Etat – les caisses des collectivités territoriales.

Les Endettors-Dilapidators à l’action : la création des « droits à »

On peut distinguer deux sortes de crédits publics : ceux qui sont fixés en début d'année de manière limitative par les autorités publiques ; ceux dont le montant final dépend de décisions individuelles permettant de faire jouer des droits à prestations. Ce sont « les droits à » .C'est cette dernière catégorie de dépenses qui a explosé au cours des vingt dernières années. Les Endettors-Dilapidators ont créé ces « droits à » sans jamais évaluer leur coût à long terme : RMI, RSA, RSA-jeune, Allocation d'adulte handicapé (AAH), Prestation de compensation du handicap (PCH), Aide personnalisée à l'autonomie (APA), Couverture médicale universelle (CMU), Aide médicale d'Etat (AME), cette sorte de Couverture médicale universelle, CMU, pour les étrangers clandestins.

S'élevant à près de 25 milliards, ces prestations de solidarité et d'assistance sont en forte expansion sous un double effet :

  • - démographique : le vieillissement de la population ;
  • - d'aubaine : toute prestation nouvelle fait émerger des besoins inédits, y compris venant de l'étranger.

Il faut ici signaler l’absurdité d’un système ouvrant indistinctement des droits aux Français et aux étrangers et, pour ces derniers, d’ailleurs, aussi bien lorsqu’ils sont en situation régulière qu’en situation clandestine. Le déficit s’explique aussi par le fait d’asseoir sur des cotisations hexagonales le financement de prestations mondialisées.

Les Endettors-Dilapidators à l’action : les services rendus à l’oligarchie

Les Endettors-Dilapidators se constituent des clientèles électorales de pauvres ou de moyens-pauvres en distribuant l’argent public. Mais ils se constituent aussi des soutiens financiers en renonçant à tout ou partie des recettes fiscales attendues : derrière chaque « niche fiscale » il y a des intérêts et souvent de gros intérêts ; gros intérêts qui financent, légalement ou non, des campagnes électorales de plus en plus coûteuses.

Le déni de réalité des Endettors-Dilapidators coûte cher

Les Endettors-Dilapidators ont pour règle de gouvernement : le gouvernement du politiquement correct par le politiquement correct pour le politiquement correct. Cela les conduit à mettre en place des politiques aussi coûteuses qu’inefficaces telles que « la politique de prévention », « la politique de la ville », « la politique d’intégration », « le soutien scolaire », les « Zones d’éducation prioritaire » (ZEP), « l’aide au retour à l’emploi ». Mais plus une politique échoue, plus elle a de chances d’obtenir une prolongation, voire une amplification, des crédits qu’elle reçoit.

L’abandon de la souveraineté économique par les Endettors-Déconstructors

Les Endettors-Déconstructors ont doublement abandonné la souveraineté économique de la France : vis-à-vis de l’Union européenne d’abord, de l’Organisation mondiale du commerce ensuite. Cela a contribué à détruire la richesse.

Ainsi l’industrie française a perdu deux millions d'emplois en trente ans ; et un document de Bercy estime qu’entre 2000 et 2007 63% de ces destructions sont le fait de la concurrence internationale. Le libre-échangisme mondial a donc des conséquences économiques et sociales destructrices. Or chaque emploi perdu creuse doublement le déficit : parce qu’il diminue les recettes soumises à l’impôt ; et parce qu’il augmente les droits à prestations des victimes de la mondialisation. L’Etat-providence est le SAMU social de la mondialisation.

La mondialisation a aussi une autre conséquence sur les finances publiques : la concurrence fiscale des Etats qui a pour conséquence non la baisse des dépenses publiques mais la baisse des recettes fiscales en provenance des grandes entreprises multinationales qui « optimisent » la localisation de leurs bénéfices.

L’abandon de la souveraineté politique par les Endettors-Déconstructors

Les Endettors-Déconstructors se sont entendus pour développer ce qu’ils appellent « un Etat de droit » : en pratique, un gouvernement des juges interprétant des textes généraux en fonction de l’idéologie politiquement correcte. Ceci a de nombreuses conséquences financières.

Ce n’est donc plus ni le peuple, ni ses représentants qui consentent aux dépenses. C’est désormais les juges du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation et du Conseil constitutionnel qui participent à imposer des dépenses obligatoires.

Ces juridictions comme le Gouvernement et le Parlement sont en outre « surplombées » par des juridictions internationales : notamment la Cour de justice de l’Union européenne à Bruxelles et la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. En matière de droits sociaux, ce sont les gnomes de la Cour de Strasbourg qui remplissent le rôle de législateur suprême.

Renverser la dynastie des Endettors

On le voit, le redressement des finances publiques n’est pas une affaire simple.
Il ne s’agit pas de remplacer tel homme politique politiquement correct par tel autre, cela ne changerait rien. Le bilan de Juppé vaut celui de Strauss-Kahn et François Fillon n’a pas de points à rendre à Martine Aubry.

En matière de déficit public, il n’y a pas une bête politique moins malade que les autres : c’est comme pour la vache folle, c’est tout le troupeau qu’il faut abattre ! Ou, pour rester élégant, c’est la dynastie des Endettors qu’il faut renverser.

Plus sérieusement, il n’y aura pas de redressement des finances publiques sans changement radical du référentiel idéologique dominant :

  • -rétablissement de la souveraineté politique nationale ;
  • -rétablissement de frontières économiques et sociales ;
  • -mise aux orties de toutes les mesures d’inspiration politiquement correcte ;
  • -abandon du libre-échangisme mondial ;
  • -arrêt de toute immigration supplémentaire et dégonflement de l’immigration présente ;
  • -reconstruction d’un développement économique endogène : local, national et européen ;
  • -rigueur identitaire et rigueur budgétaire.

Ce n’est évidemment pas l’offre politique dominante, soumise à la tyrannie médiatique, qui peut répondre à ces nécessités. Seul un soulèvement populiste le pourra. S’il n’a pas lieu, c’est la faillite qui se chargera de rappeler les réalités aux peuples d’Europe et au peuple français et qui balaiera la dynastie des Endettors. Comme aime à le rappeler le grand historien Dominique Venner : « L’histoire est le lieu de l’inattendu ».

 

Polémia - 06/10/2010

 

Jean-Yves Le Gallou

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 18:34
La volonté est la capacité pour les êtres humains à faire les choses de manière intentionnée, au delà des difficultés, des contretemps et de l’humeur.
 
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Comment la volonté se manifeste-t-elle chez les personnes ?
- De manière spontanée, quand nous sommes motivés et convaincus de faire quelque chose: comme sortir se promener avec quelqu’un, commencer un travail ou un passe-temps, organiser une réunion, participer à une formation.
- De manière consciente chaque fois que nous devons nous forcer à faire les choses : terminer un rapport malgré la fatigue, étudier les matières qui nous n’aimons pas ou qui nous posent problème, ranger les choses qui ne sont pas à leur place, se lever malgré le manque de sommeil, etc. Tout cela est la forme la plus pure de l’exercice de la volonté, parce que nous arrivons à prendre la décision d’agir malgré les difficultés.
La volonté se manifeste dans l’action. D’où l’expression « les actions valent plus que des mots ».

Objectif :
Forger notre volonté nous rendra libre car elle nous permettra de guider et de dominer nos passions, nos sentiments et instincts, et d’agir au-delà des circonstances, en accord avec les critères de notre raison, inspirée par la foi.

Pourquoi est-il important de former sa volonté?
o Celui qui forme sa volonté devient capable de supporter les souffrances ou d’attendre avec patience
o Pour ne pas nous laisser emporter par le goût de ne pas faire les choses importantes
o Parce que si nous comparons la volonté aux muscles de notre corps, ceux-ci, comme notre volonté, deviennent plus faibles lorsque l’on cesse de les bouger. Chaque situation qui requière un effort est une magnifique opportunité pour la renforcer, sinon, elle se met en veille et se traduit par un manque de caractère, l’irresponsabilité, la paresse, l’inconstance …
o Former notre volonté nous permet de faire de grands efforts sur de longues périodes
o Parce qu’elle nous aide à assumer nos responsabilités, à lutter jour après jour pour accomplir notre travail quotidien.
o Parce que la volonté est le moteur des autres valeurs, non seulement pour les acquérir mais aussi pour les perfectionner.
o Elle nous fournit un bouclier et une arme pour se protéger des vices.

Former sa volonté signifie :
Contrôler ses goûts personnels :
se lever à l’heure prévue et sans retard (sinon risquer d’être pressé, de mauvaise humeur et d’arriver en retard); manger moins de sucreries, organiser quelque chose de concret pour le week-end, pour ne pas risquer de ne rien faire. Les obligations et les responsabilités peuvent être des obstacles aux relations sociales, il faut organiser son temps pour pouvoir tout faire; faire ce qu’il faut faire sans réfléchir si c’est agréable.
Améliorer notre travail quotidien : mettre en place un programme de travail par périodes, cela, permet de terminer à temps ce qui est commencé; tout vérifier et corriger les erreurs. Garder et ranger les choses une fois qu’elles ont été utilisées; s’il reste du temps l’utiliser pour avancer dans d’autres tâches.
Faire quelque chose pour les autres ; à la maison il y a toujours quelque chose à faire : mettre le couvert, ranger, faire les courses, cuisiner, etc.; il faut éviter de prendre le prétexte de la fatigue, du manque de temps ou d’occupations fictives pour éviter de collaborer; il faut faire le nécessaire pour être ponctuel à ses engagements, par respect envers le temps des autres.
Apprendre de nouvelles choses : s’informer, étudier et mettre en pratique les nouvelles techniques et moyens qui existe pour mieux travailler. S’inscrire à un cours de langue; apprendre à bricoler; Développer sérieusement un passe-temps, etc.

Qu’est-ce qui complique l’expérience de cette vertu?
- La vie confortable
- Se laissez porter par la fatigue, le pessimisme ou les sentiments négatifs
- Les caprices
- La paresse et le confort, deux véritables ennemis qui ne cessent de s’opposer à nos actions.

La volonté se fortifie avec le temps. Elle ne s’éduque pas par de grands actes héroïques. Elle se cultive avec l’effort de chaque jour, de chaque heure. Par conséquent, les principaux moyens de former la volonté sont le travail constant et l’accomplissement du devoir.

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 15:14

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LIBRAIRIE DE NEUILLY-PLAISANCE

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 17:13

    L’émission « La Blessure » (France 3) consacrée à la tragédie des harkis n’a sans doute pas hélas marqué, comme sa présentatrice le souhaitait, « le véritable premier jour de la paix en Algérie ».

Partager cette illusion équivaudrait à croire en cette miraculeuse transformation humaniste du dictateur algérien Bouteflika et de la nomenklatura féroce du FLN qui l’entoure. Mais il faut reconnaître qu’ont été exprimées enfin à un niveau de grande médiatisation des vérités irréfutables jusqu’ici niées, aussi bien par l’idéologie anticoloniale dominante que par les deux régimes complices : le gaullisme et le fellagha.

 

Première vérité.  

Le FLN ne représentait  nullement l’ensemble du peuple algérien. Appuyé par l’URSS et les pays arabes, il ne s’imposa contre la majorité que par une politique d’effroyable terreur et d’extermination systématique de mouvements nationalistes avec lesquels aurait pu être mise en oeuvre une autre solution que la pire pour l’avenir de l’Algérie.

 

Deuxième vérité.  

Il y avait, en Algérie, une population musulmane de plus en plus nombreuse, éduquée, francisée, dont le FLN massacra systématiquement les élites représentatives avec une indicible et systématique cruauté. Les harkis n’étaient pas « une infime

minorité collaboratrice » mais toute une fraction du peuple algérien sous les armes pour conjurer la menace des massacres perpétrés par l’organisation terroriste du FLN minoritaire mais extrêmement mobile. Néanmoins, grâce aux harkis, agissant en symbiose avec les unités d’élites de notre armée et les SAS, le FLN en 1960 était vaincu. Les fellaghas, errant dans le bled et les djebels, étaientalors quatre fois moins nombreux que les harkis.

 

Troisième vérité.  

C’est De Gaulle qui, pour imposer la pire des solutions pour l’Algérie, a décidé cyniquement, au mépris de

ses serments les plus solennels, de faire désarmer les harkis, de redonner vigueur au FLN, d’imposer à notre armée de laisser se perpétrer contre eux un véritable génocide.Sans oublier les enlèvements et crimes également atroces contre la

population d’origine européenne. Privée des meilleurs de ses chefs et de ses meilleures unités démantelées après le sursaut

d’honneur d’avril 1961, l’armée française a alors été également déshonorée par des généraux acceptant l’ordre d’imposer la nonassistance à la population en danger. Et en laissant s’accomplir des crimes contre l’humanité.

 

Quatrième vérité.  

Rien n’imposait à De Gaulle, ni sur le plan national, ni sur le plan international, de décider d’un tel abandon, dans le déshonneur le plus total, d’un pays et d’un peuple. Cela est sans équivalent dans notre Histoire. De Gaulle a instrumentalisé ce qui doit demeurer dans notre Histoire comme « la grande trahison ». Je proposerai au Mémorial de l’Honneur français, que j’ai créé jadis avec Roger Holeindre, de se réunir solennellement pour déclarer l’indignité nationale de De Gaulle, dans la volonté que des hauts lieux de notre pays ne soient pas définitivement ternis par son nom.

 

Cinquième vérité.  

Un autre avenir des relations des peuples de France et d’Algérie peut et doit être préparé. Les jeunes Algériens

qui, dans des manifestations durement réprimées, crient « Algérie française » ne sont pas seulement

les révélateurs de la contestation grandissante d’un régime dictatorial, corrompu et vieilli, mais aussi

d’une volonté de renouveau dans le respect de toutes les composantes (kabyles autant qu’arabes)

des peuples d’Algérie. La vérité de leur Histoire et de leurs racines doit être transmise à la jeunesse

d’une Algérie qui a vu naître sainte Monique et saint Augustin.

Bernard Antony

 

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 14:43

A propos des Roms, un petit rappel de la législation européenne pourrait être utile à ceux qui l’ont votée.

Voici un extrait du site europa.eu (1).

« Droit de séjour d'une durée supérieure à trois mois

Le droit de séjour pour une période supérieure à trois mois reste soumis à certaines conditions:

soit exercer une activité économique en qualité de travailleur salarié ou non salarié;

soit disposer de ressources suffisantes et d'une assurance maladie afin de ne pas devenir une charge pour l'assistance sociale de l'État membre d'accueil pendant son séjour. À ce propos, les États membres ne pourront pas fixer le montant des ressources qu'ils considèrent comme suffisantes, mais ils doivent tenir compte de la situation personnelle de la personne concernée;

soit suivre une formation en tant qu'étudiant et disposer de ressources suffisantes et d'une assurance maladie afin de ne pas devenir une charge pour l'assistance sociale de l'État membre d'accueil pendant son séjour;

soit être membre de la famille d'un citoyen de l'Union qui entre dans une des catégories susdites.

La carte de séjour pour les citoyens de l’Union est supprimée.Toutefois, les États membres pourront demander au citoyen de se faire enregistrer auprès des autorités compétentes dans un délai qui ne sera pas inférieur à trois mois à compter de son arrivée. L'attestation d'enregistrement sera immédiatement délivrée sur présentation :

d'une carte d'identité ou d'un passeport en cours de validité ;

d'une preuve que les conditions ci-dessus sont remplies (voir à l'article 8 de la directive les preuves exigibles pour chaque catégorie de citoyen). Les citoyens de l'Union qui suivent une formation doivent montrer, dans une déclaration ou tout autre moyen de leur choix, qu'ils disposent de ressources suffisantes pour eux-mêmes et pour les membres de leurs familles afin d'éviter de devenir une charge pour le système d'assistance sociale de l'Etat membre d'accueil. Cela suffira à prouver qu'ils répondent à la condition de ressources.

Les membres de la famille d'un citoyen de l'Union qui n'ont pas la nationalité d'un État membre doivent demander une "carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union", ayant une validité de cinq ans, à dater de sa délivrance.

Sous certaines conditions le décès, le départ du territoire de l'État membre d'accueil du citoyen de l’Union ainsi que le divorce, l'annulation du mariage ou la cessation de partenariat n'affectent pas le droit de séjour des membres de la famille n'ayant pas la nationalité d'un État membre.

Droit de séjour permanent

Tout citoyen de l'Union acquiert le droit de séjour permanent dans l'État membre d'accueil après y avoir légalement résidé durant une période ininterrompue de cinq ans, pour autant qu'il n'ait pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement.

Le droit de séjour permanent n’est plus soumis à aucune condition. La même règle sera applicable aux membres de la famille qui n'ont pas la nationalité d'un État membre et qui ont résidé cinq ans avec un citoyen de l'Union. Une fois acquis, le droit de séjour permanent uniquement ne se perd qu'en cas d'absence d'une durée supérieure à deux ans consécutifs de l'État membre d'accueil.

Les citoyens de l'Union qui en font la demande se voient délivrer un document certifiant le droit de séjour permanent. Les États membres délivrent aux membres de la famille ressortissants de pays tiers une carte de séjour permanent d’une durée illimitée et renouvelable de plein droit tous les dix ans. Elle sera délivrée dans les six mois à partir du dépôt de la demande. La continuité de sa résidence peut être prouvée par tout moyen de preuve en usage dans l'État membre d'accueil.

Dispositions communes au droit de séjour et au droit de séjour permanent

Tout citoyen de l’Union bénéficiaire du droit de séjour ou du droit de séjour permanent, ainsi que les membres de sa famille, bénéficie de l'égalité de traitement par rapport aux citoyens nationaux dans les domaines d'application du traité. Toutefois, l’État membre d’accueil n’est pas obligé d’accorder le droit à une prestation d’assistance sociale pendant les trois premiers mois de séjour aux personnes autres que les travailleurs salariés ou non salariés et les membres de leur famille. Les États membres ne sont pas obligés non plus d’accorder avant l'acquisition du droit de séjour permanent des aides d'entretien aux études y compris pour la formation professionnelle sous la forme de bourses ou de prêts à ces mêmes personnes. Les membres de la famille, quelle que soit leur nationalité, auront le droit d'exercer une activité économique salariée ou non salariée.

Limitation du droit d'entrée et de séjour pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique

Le citoyen de l'Union ou un membre de sa famille pourra être éloigné du territoire pour des raisons d'ordre public, de sécurité ou de santé publique.En aucun cas, la décision ne pourra se fonder sur des raisons économiques. Toute mesure concernant la liberté de circulation et de séjour devra respecter le principe de proportionnalité et être fondée exclusivement sur le comportement personnel du sujet. Le comportement devra représenter une menace suffisamment grave et actuelle touchant un intérêt fondamental de l'État.

L'existence de condamnations pénales ne pourra pas automatiquement justifier l'éloignement. La péremption du document ayant permis l'entrée du sujet intéressé n'est pas une raison qui justifie une telle mesure.

En tout état de cause, avant de prendre une décision d'éloignement, l'État membre d'accueil devra évaluer certains éléments tels que la durée de la résidence de l'intéressé, son âge, sa santé, son intégration sociale, sa situation familiale dans le pays d'accueil ainsi que les liens avec le pays d'origine. C'est seulement dans des circonstances exceptionnelles, pour des motifs impérieux de sécurité publique, qu'une mesure d'éloignement pourra être prise contre un citoyen de l'Union s'il a séjourné dans l'État d'accueil pendant les dix années précédentes ou s'il est mineur.

La décision de refus d'entrée ou d'éloignement devra être notifiée à l'intéressé dans des conditions lui permettant d'en saisir le contenu et les effets. Elle devra être motivée, et les moyens de recours et les délais à respecter devront y être indiqués. Sauf en cas d'urgence, le délai pour quitter le territoire ne pourra pas être inférieur à un mois à compter de la date de notification.

En aucun cas la mesure d'interdiction du territoire ne sera prise à vie.L’intéressé pourra introduire une demande de réexamen de sa situation après trois ans. De plus, la présente directive prévoit toute une série de garanties procédurales. En particulier les personnes concernées ont accès aux voies de recours juridictionnelles et le cas échéant administratives dans l'Etat membre d'accueil.

Dispositions finales

Les États membres peuvent adopter les mesures nécessaires pour refuser, annuler ou retirer tout droit conféré par la présente directive en cas d'abus de droit ou de fraude, tels que les mariages de complaisance.

La directive est applicable sans porter préjudice aux dispositions nationales législatives, administratives ou réglementaires plus favorables. »

Philippe Audousset

 

(1) http://europa.eu/legislation_summaries/justice_freedom_security/free_movement_of_persons_asylum_immigration/l33152_fr.htm

(La rédaction des 4 Vérités a souligné certains passages du texte en gras)

 

 

 
 

 

 
 
 
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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 08:37

Renaissance Catholique

Voir en ligne : http://www.renaissancecatholique.org/spip.php?action=redirect&id_article=208

Entretien avec Jean-Pierre Maugendre

À propos de la 20e Marche de prière pour la Vie

« Votre engagement pour la défense de la vie, selon l'enseignement des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, est un beau témoignage d'espérance pour notre société. C'est une belle œuvre que la vôtre et une consolation de voir le bon travail que vous faîtes. En tant que président de l'Académie pontificale pour la Vie, je ne peux que vous en remercier et vous encourager dans cette voie ». (Message de soutien de Mgr Fisichella, président de l'Académie pontificale pour la Vie, le 29 septembre 2009, à Renaissance Catholique).

Renaissance Catholique organise le 16 octobre prochain sa 20e Marche de prière pour la Vie ! Pouvez-vous nous rappeler son histoire ?

Jean-Pierre Maugendre : Notre première Marche a eu lieu le 20 octobre 1991. Nous partions alors de Versailles, le dimanche matin, et après une messe célébrée à 12 h en plein air dans le Bois de Boulogne, nous achevions notre parcours par un Salut du Saint-Sacrement sur le parvis de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Dès le début, notre intuition était que le combat pour la défense de la Vie ne pouvait pas ne revêtir qu'une dimension naturelle. Qui a vu de ses yeux le comportement des contre-manifestants lors des rosaires publics organisés par SOS Tout-Petits et le docteur Dor, ne peut plus ignorer le caractère satanique de ce déferlement de la culture de mort. Il y a les tenants "présentables" de cette contre-culture : Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Simone Veil,… et les nervis anarcho-trotskystes, vêtus de noir, le blasphème à la bouche chargés de faire taire les opposants par la violence du «&nbs p;harcèlement démocratique », cher à Jean-Christophe Cambadélis. Derrière les flots de sang et les océans de larmes versés depuis cinquante ans, au nom de la libération de la femme –surtout libération de la braguette–, se cache, de plus en plus mal, « celui qui est homicide depuis le commencement ». Tout cela nous semblait exiger plus qu'une simple protestation publique, si légitime fut-elle, mais en plus une expiation, une réparation et une intercession publiques. Il nous semble que s'applique à la Culture de mort ce paragraphe de l'Ecriture sainte : « Cette sorte de démon ne se vainc que par la prière et le jeûne » (Marc IX, 29).

En 1994, nous avons modifié notre dispositif car la messe en plein air dans le Bois de Boulogne, au mois d'octobre, était très éprouvante pour les participants et le célébrant, en raison des conditions climatiques… Nous avons alors bénéficié pendant six ans, de l'hospitalité de la paroisse Notre-Dame du Lys, à Paris, où la messe était célébrée en fin de matinée avant que nous ne rejoignions le Sacré-Cœur que les autorités du sanctuaire avaient mis à notre disposition depuis 1992, la seule contrainte étant que le Salut ne pouvait pas avoir lieu trop tôt à cause des offices en fin de journée. En 2000, la Préfecture de Police nous a signifié que, pour des raisons de sécurité, il ne nous était plus possible de franchir la Seine. Il nous a donc fallu trouver un point de départ sur la rive droite et c'est ainsi que le lieu de départ est aujourd'hui sur le parvis de la basilique Notre-Dame des Victoires. Depuis dix ans, notre Marche prend la form e d'une procession aux flambeaux, afin d'en rehausser la tenue.

Cette Marche a-t-elle toujours sa raison d'être alors que celle de « 30 ans ça suffit ! » en janvier, bien que plus récente que la vôtre, rassemble sensiblement plus de monde ?

JPM : Nous nous sommes effectivement posé la question. Dès le début, nous avons apporté notre soutien à cette Marche car nous faisons partie du Collectif qui l'organise. La démarche du Collectif se veut à la fois aconfessionnelle et apolitique. Il est cependant un fait que la seule institution qui défende l'intégralité de la loi naturelle contenue dans le décalogue, est l'Église catholique, et sans doute, l'Église orthodoxe. Les seuls pays où une opposition vigoureuse à la Culture de mort se manifeste (Etats-Unis, Espagne, …) sont ceux dans lesquels la hiérarchie catholique s'est publiquement investie dans ce combat. De plus, n'oublions pas que l'immense majorité des marcheurs est catholique. Si certains craignent la confessionnalisation du débat, d'autres redoutent la récupération politique.

Notre démarche à nous est clairement confessionnelle et politique. Un prêtre bénit les marcheurs et leurs cierges au départ et nous achevons notre démarche par un Salut du saint-Sacrement dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Plusieurs cardinaux, évêques ou supérieurs de communautés religieuses, ont rejoint le Comité d'honneur ou soutiennent la Marche. L'an dernier Mgr Fisichella, alors président de l'Académie pontificale pour la Vie, nous avait transmis un beau message d'encouragement.

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La nuit tombe, les flambeaux et lumignons sont allumés

Tous les élus politiques sans distinctions sont les bienvenus. Si ce sont des lois que nous déplorons et condamnons, il nous paraît heureux que s'associent à notre protestation tous ceux qui d'une manière ou d'une autre travaillent à l'élaboration des lois ou à leur application à quelque échelon que ce soit : Union européenne, France, région, département, commune… On ne peut pas souhaiter « Des élus pour la vie » et bouder ceux qui se déplacent, en oubliant que l'état de l'opinion publique étant ce qu'il est en France, ces élus n'ont pas une voix à gagner dans cette démarche mais en ont beaucoup à perdre.

Certains opposent le côté festif et joyeux, musicalement très animé, de la Marche de janvier à celui plus austère, de celle d'octobre.

JPM : Nous assumons tout à fait ce que certains peuvent considérer comme « ringard » dans la récitation du chapelet. Heureusement, nous sommes en bonne compagnie dans cette « ringardise » : quelques saints, tous les papes,… De plus, pour être franc, la gravité des faits en cause et leur nature ne nous incitent guère à faire la fête : 200 000 avortements chirurgicaux annuels, sans compter les victimes de la pilule du lendemain et du stérilet, 1 mariage sur 2 qui se solde par un divorce, 1 famille sur 5 qui est monoparentale… Cette longue litanie des victimes de la Culture de mort nous incite plus à la gravité et à la dignité qu'aux manifestations festives. Il y a un temps pour tout ! D'ailleurs l'immense majorité de nos marcheurs sont des jeunes gens et des jeunes filles qui ont compris cela.

Notre foi conforte les vérités naturelles, mais seules la prière et la pénitence pourront vaincre « le père du mensonge ». La légitimité de notre Marche nous semble justifiée par cette réflexion du Cardinal Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, en juillet 2010, à l'occasion du vote par le parlement argentin d'une loi autorisant le mariage homosexuel : « Ne soyons pas naïfs : il ne s'agit pas d'un simple combat politique, c'est le projet de détruire le plan de Dieu. Il ne s'agit pas d'un simple projet législatif (celui-ci est seulement un instrument), mais une manœuvre du père du mensonge qui prétend embrouiller et tromper les enfants de Dieu ». Dans ce domaine, comme dans bien d'autres, la laïcité est un piège.

Comment voyez-vous l'évolution du combat pour la Vie dans les années qui viennent ?

JPM : Malheureusement, il faudrait être aveugle pour ne pas observer que la situation est loin de s'améliorer et que, à cet égard, la droite parlementaire joue un rôle tout aussi néfaste que la gauche libertaire. Les batteries d'acclamation saluant l'entrée sous la coupole de Simone Veil, le 18 mars dernier, ont clairement manifesté ce consensus mortifère. Ainsi Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, vient de doubler, à l'occasion de la Journée de la femme, le 8 mars dernier le montant du forfait IVG qui passe pour les chirurgiens avorteurs de 382 € à 625 € l'acte. La même déclarait le 15 juin devant le Sénat : « L'IVG est présentée comme un mal nécessaire. Je ne m'associe pas à cette présentation négative (…) Je préfère, en souvenir de nos combats, conserver le mot « avortement » plutôt que cet IVG de bon ton (…) La grossesse non désirée est une souffran ce, l'avortement est un moyen de diminuer cette souffrance. » L'avortement fut d'abord une exception, puis il est devenu un droit, il est maintenant un bien, une sorte d'analgésique ! Cependant, dans le même temps, Mme Michèle André, présidente de la délégation aux Droits des femmes et à l'égalité des chances, était bien obligée d'observer le 15 juin dernier devant le Sénat : « Les pressions psychologiques exercées par les familles, mais aussi par certains éléments du corps médical, rendent plus difficile pour les femmes l'exercice de leurs droits. Enfin, certains médecins sont encore réticents à accomplir des actes d'IVG. »

La vérité est que le réel, même effrontément nié, refait toujours surface. Tous les acteurs du drame sont conscients à un moment ou à un autre qu'un avortement chirurgical, ce n'est pas une opération de l'appendicite. La médiatisation du syndrome post-avortement sera sans doute d'ailleurs un des axes majeurs du combat pour la vie dans les années à venir.

Nous faisons nôtre la récente déclaration de Mgr Chaput, évêque de Denver  : « L'avortement est le problème fondamental de notre temps (…) Le droit à la vie est à la base de tout autre droit de l'homme (...) Nous vivons à une époque où l'Église est appelée à être une communauté croyante de résistance (…) Nous ne devons pas nous bercer de l'illusion selon laquelle en nous associant aux voix du laïcisme et de la déchristianisation, nous pourrions d'une façon quelconque adoucir ou changer les choses. Seule la Vérité peut rendre les hommes libres. »

À cet égard, l'attitude des évêques de France semble être en train d'évoluer. Ainsi, le Cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, ancien président de la conférence épiscopale, déclarait le 19 février 2010  : « Il faut donner leur juste place à ces marches pour la Vie (…) Elles attirent l'attention sur un problème. Elles alertent l'opinion. Nos consciences ont besoin d'être réveillées. Je pense que les différentes marches pour la vie ont cette fonction. Il est nécessaire qu'elles soient accompagnées tout au long de l'année par un patient travail d'éducation et d'action sur les mentalités et dans certains cas d'interpellation de nos législateurs ».

Concrètement ?

JPM : Cette Marche aux flambeaux est essentiellement une marche de prière, ouverte à tous ceux qui œuvrent pour le respect de la vie et de la dignité de la personne humaine. Elle se déroule à un rythme permettant à tous d'y participer. Nous tenons à remercier très sincèrement tous ceux qui, par leur présence, leur prière, leur aide matérielle ou financière ont permis à cette Marche de durer depuis vingt ans.

Nous vous donnons rendez-vous à 17 h 45 devant la basilique Notre-Dame-des-Victoires, place des Petits-Pères, Paris 2e (M° Bourse) pour la cérémonie de départ. La Marche se termine par un Salut du Saint-Sacrement, célébré à 20 h au Sacré-Cœur de Montmartre (M° Anvers).



 

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