Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 14:22

7 points sur le bon communautarisme

Développés par Rémi Fontaine dans Présent :

F"1. – Si, avec le Petit Robert, nous définissons le communautarisme comme le système qui développe la formation de communautés, l’homme étant un animal social, on n’échappe pas au communautarisme. Pas même l’anti-communautarisme laïciste et jacobin qui, après s’en être pris aux corps intermédiaires, recrée artificiellement ses propres communautés : départements, partis, lobbies de toutes sortes (féministe, gay, antiraciste)… Son (anti)communautarisme se fonde sur un métissage individualiste selon la théorie du Contrat social et la logique mécanique de son Etat-catalyseur. Au contraire du sain et légitime communautarisme (breton par exemple) qui s’insère organiquement et subsidiairement dans un ensemble complexe de communautés ordonné par l’Etat-Nation.

2. – Le communautarisme est un concept non pas univoque mais analogique (comme on dit en philosophie), fondé sur une réalité : la communauté qu’elle soit naturelle ou d’élection, innée ou acquise. C’est-à-dire qu’il se dit et se vit de plusieurs manières plus ou moins bonnes ou mauvaises selon qu’il est plus ou moins ordonné ou non au bien commun général. Il convient à la fois de distinguer pour unir (les divers et légitimes communautarismes de valeur inégale) et opposer (les légitimes communautarismes aux illégitimes).

3. – Si la France constitue elle-même une communauté nationale au sein d’une communauté encore plus étendue (l’Europe), le nationalisme à la française bien compris (ouvert sur l’universel) constitue par excellence un juste communautarisme, par sa volonté d’organiser, hiérarchiser et développer les communautés saines et légitimes de la nation envers et contre ses communautarismes malsains (par exemple les « Etats confédérés » chez Maurras ou l’islamisme aujourd’hui). C’est aussi ce qu’on appelle la préférence communautaire ou nationale, qui implique la reconnaissance d’une identité.

5. – Plus encore, non pas fermé sur lui-même mais ouvert sur la civilisation de l’amour et le Bien commun surnaturel, le communautarisme catholique (bien commun propre aux catholiques) ne peut être bien sûr que sain et légitime. Par sa réunion du temporel et du spirituel, du naturel et du spirituel, il dépasse en quelque sorte tous les communautarismes légitimes appelés à participer à ce Communautarisme majusculaire. Il est à la fois une communion de personnes et de communautés.

5. – La conjonction (sur)naturelle du communautarisme national (particulier) et du communautarisme catholique (universel) est la seule manière aujourd’hui de lutter en France contre le soi-disant anticommunautarisme ou le multicommunautarisme du laïcisme fermé ou ouvert : ni laïques, ni musulmans ! Contrairement à ce qu’on prétend, le risque de dissolution des communautés naturelles et surnaturelle de notre nation est beaucoup plus fort que celui de la « ghettoïsation » des catholiques, de leur « repli frileux ». Focaliser de manière incongrue sur ce risque face à la réalité beaucoup plus mortelle de l’autre menace, n’est-ce pas être toujours et encore la victime d’une dialectique et d’une sémantique bien connues qui ciblent habituellement les prétendus « extrémistes » pour mieux disqualifier ceux qui dérangent l’idéologie dominante : réacs, ringards, fachos, intégristes, racistes et maintenant… communautaristes ou dissidents chrétiens ?

6. – Nous survivrons et serons d’autant plus missionnaires que nous aurons, dans l’actuelle dissociété nationale, les assises temporelles d’un sain et légitime communautarisme (national et catholique) comme autant d’« anticorps » solidaires, c’est-à-dire de foyers de résistance et de contre-offensive, des bases arrières et des réseaux multiformes, capables de nous représenter et de régénérer autant que possible l’organisme décomposé de la nation. Nous y parviendrons d’autant mieux que nous pourrons restaurer (selon la proposition de Jean Ousset) un certain pouvoir temporel du laïcat chrétien, distinct aussi bien des autorités religieuses (si possible amies) que des autorités civiles hostiles ou neutres.

7. – La preuve concrètement par l’école ou le scoutisme. L’Enseignement catholique sous contrat constitue aussi à sa manière un communautarisme (on l’a bien vu en 1984) mais qui s’étiole dans le malsain communautarisme laïciste, aliénant sa vocation chrétienne à la différence de nombreuses écoles hors contrat d’inspiration catholique. Promouvoir ce type d’écoles constitue bien aujourd’hui un nécessaire repli identitaire en vue de la mission, y compris dans le service public. Idem pour le scoutisme dissident (traditionnel) face au néoscoutisme officiel. On tient là ponctuellement deux visions (chrétiennes) de la politique et du monde que sépare précisément Vatican II (par son « esprit »). Deux visions qui opposent par exemple le communautarisme missionnaire des Scouts de France (du temps de leur âge d’or) et le laïcisme dissolvant des néoScouts de France après leur révolution culturelle des années soixante. Deux visions qui séparent aussi l’Enseignement catholique d’avant et d’après la loi Debré (devenu « non-confessionnel »). On en revient toujours au théorème de Madiran inspiré de Péguy : « Il ne suffit pas d’avoir la foi. Nous sommes faits pour vivre notre temporel en chrétienté. Ailleurs, quand ce n’est pas le martyre physique, ce sont les âmes qui n’arrivent plus à respirer. » Faute de chrétienté, il nous reste encore la possibilité de micro-chrétientés par la voie de la dissidence et de la contre-culture, c’est-à-dire la voie d’un sain et légitime communautarisme en vue du bien commun."

 

LIRE AUSSI:

Le communautarisme est-il un péché ?

Rémi Fontaine

Le communautarisme est-il un péché ? 

Prix : 12.00 €

 

 

 

 

 

 

   Animal social, l’homme peut-il échapper au communautarisme ? Le principe de laïcité ne recrée-t-il pas lui-même ses propres communautés : départements, partis, et multiples solidarités gays, féministes, antiracistes ?

   Un chrétien peut-il admettre le communautarisme familial, paroissial, professionnel ou ethnique sans manquer à l’Évangile ?

   Journaliste et professeur de philosophie, Rémi Fontaine s’attache ici à définir puis à distinguer deux types de communautarisme, l’un d’enfermement et de dissolution des valeurs, l’autre de droit inné ou acquis nécessaire au bien commun national.

L'auteur

Rémi Fontaine, né en 1956, marié, père de cinq enfants, est professeur de philosophie et journaliste. Il est l’auteur du Livre noir de la culture de mort, publié en 2007 par Renaissance catholique.

Dans la presse 

Sedes sapientiae, n°105, automne 2008

... le livre de Rémi Fontaine apporte une lumière utile pour libérer les catholiques de timidités injustifiées et les encourager à construire un ordre social chrétien pour le plus grand bien de tous.
Fr. Dominique-Marie de Saint Laumer

L'Homme Nouveau, n°1436, 3 janvier 2009

L'idée de communautarisme a mauvaise presse dans la France d'aujourd'hui. On y voit généralement et sans nuance un danger pour l'unité nationale et pour la laïcité. Même les catholiques éprouvent de la défiance à son égard. Et si la réalité était plus complexe ? C'est ce que montre Rémi Fontaine qui met ici sa science philosophique au service d'une bonne et salutaire réflexion. [...] Il débusque les idées reçues et fausses [...] qui se sont infiltrées dans l'Eglise [...] Il plaide pour la restauration du "pouvoir temporel du laïcat chrétien". Le succès missionnaire est à ce prix.
Annie Laurent

Partager cet article

Repost 0
Published by over - dans FOI
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : lareinfodujour93.fr
  • lareinfodujour93.fr
  • : Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
  • Contact

La république n'égalera jamais la royauté.

Recherche

information

 

    

  

      SITE "faitdiversFrance":

  http://faitdiversfrance.wordpress.com

 

Des images contre l'avortement

 

 

 

 

Texte Libre