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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 15:56
Répression en Vendée : témoignage

Reçu d'un lecteur du salon beige : le texte est long et relate ce qui est visible dans les vidéos en bas de ce post. 

"Je suis encore choqué et fatigué mais il faut témoigner.

Hier lundi, nous apprenions que Hollande passerait demain en Vendée. Cette info de dernière minute est tout à fait anormale et traduit un président et qui ne peut plus prendre le risque de s’annoncer quelque part sans courir le risque d’être conspué, car les français en ont marre.

Pourtant, rien n’y fait : les contestataires sont partout alors à moins de venir avec des figurants pour l’applaudir, il ne peut plus aller nulle part sans que, même en moins de 24 heures, des centaines de français se bougent pour venir protester.

A 9h30 un rassemblement de tout âge, calme et pacifique devant le Pôle Emploi où Hollande allait venir dans la matinée pour se féliciter de la signature de trois emplois chez KFC… Une chaîne  de restauration au poulet : il sera en effet beaucoup question de poulet par la suite !

Je n’étais pas dans le groupe mais en dehors, dans l’intention d’observer et de prendre des photos (de la presse, des officiels, de la police, de la brigade de déminage présent sur place…).

Subitement un CRS me prend brutalement le bras et me pousse tout aussi brutalement dans le groupe, d’une centaine de personnes.

Sans comprendre la situation, immédiatement après cette bousculade, trois hommes, en civil, se jettent sur un jeune et le violentent en le poussant. Je n’ai pas été témoin du motif, du démarrage de cette violence et ne suis pas sûr du tout qu’il y ait eu un événement déclencheur. Tout se passe vite. Comme n’importe quel honnête homme, plusieurs viennent spontanément à son secours. Je ramasse la chaussure du jeune homme, qui se retrouve torse nu le polo arraché. Je me fais subitement à mon tour, sans aucun motif, brutalement pousser par une femme, toujours en civil, tandis qu’un autre homme toujours en civil me pousse en me faisant un croc-en-jambe qui heureusement ne me fait pas chuter. Les trois premiers hommes repoussent brutalement le jeune homme qui semble souffrir (clefs de bras) à l’écart entre deux voitures. les téléphones sortent pour filmer la scène et ces hommes. L’un d’entre eux  notamment tourne totalement le dos ou baisse la tête pour fuir l’objectif et ne pas paraître à visage sur le film. Quelqu’un remarque que ces hommes ont des pistolets à la ceinture.  On leur demande : « si vous êtes de la police dîtes-le. Qui êtes-vous ? Etes-vous de la police ? » Les brutalités continuent mais aucune réponse. La maltraitance continue. Il y a un moment de désordre où il semble que les CRS ont repoussé tous les manifestants.

Tout le groupe se trouve repoussé loin du Pôle Emploi. Des CRS sont là goguenards, certes pas tous, mais un nombre important. Je ne peux pas écrire ici tout ce que j’ai vu et entendu de leur part : « vous êtes des soumis, vous n’avez pas de couilles vous vivez avec celles d’un autre, cassez-vous, dégagez, nous on est de la police on a tous les droits , on fait ce qu’on veut. » En clair, des termes de voyous, de délinquants revêtus d’un uniforme.

Lisez bien la suite : un commandant qui a donné les ordres durant tout ce dispositif lamentable, qui n’est pas en tenue d’intervention mais en uniforme (chemise blanche) est venu lui-même dans le groupe escorté par des CRS pour prendre un grand drapeau LMPT monté sur une haute hampe (genre canne à pêche) et le DETRUIRE, malgré les véhémentes protestations des manifestants solidement encadrés qui n’en pouvaient mais. Plus tard, lorsqu’une personne le filmant lui demande, suivant un conseil juridique, de nous dire pourquoi nous sommes parqués depuis des heures, en plein soleil, privés de notre liberté de circulation (Hollande étant parti depuis longtemps), ce même commandant fait mine de ne pas entendre et fait semblant d’être au téléphone et s’éloigne. Apparemment ce commandant a dit à une femme qu’en 1945 elle aurait été du côté des collabos ! Il a osé !

Un autre commandant, en tenue d’intervention celui-là, se comportera de manière ironique avec une ironie vicieuse durant toute cette matinée. Ce commandant qui avait la direction opérationnelle des hommes a répondu de manière narquoise à des personnes qui lui demandaient pourquoi il agissait ainsi « Pourquoi ? Mais pour 4000 euros par mois Monsieur ! Je suis très heureux de repousser des familles et des enfants. Je ne vais jamais en banlieue, non, c’est beaucoup trop dangereux. En revanche, je ne suis mobilisé que pour les manifs anti-mariage gay. Ca c’est pas dangereux, c’est sympa ».

Un manifestant d’un certain âge, persuadé que les CRS sont des serviteurs respectables, est amené devant ce commandant afin qu’il puisse entendre de ses oreilles et là, toujours aussi narquois et goguenard, faussement compatissant,  le commandant déclare « ah vous savez Monsieur, je suis de votre bord. C’est pas juste ce que vous fait la police ». Ce pauvre manifestant n’aura pas pu voir ni comprendre que certains de ces CRS ne sont pas des gens respectables, contrairement à ce qu’il veut croire. Certes il faut respecter les personnes, et ne pas vouloir la « mort du pêcheur », mais cela ne doit pas nous empêcher de voir la réalité et ce juger comme ignoble et méprisables les actes ignobles et méprisables. On entendu  une jeune femme « les pauvres policiers, ils ont chaud avec leur harnachement. » Mais mademoiselle, pas de syndrome de Stockhom svp. Eux, ils sont libres de déposer leur équipement et de rentrer à l’ombre s’ils le veulent. Vous, comme nous, nous sommes contraints de rester parqués manu militari en plein soleil pour ne pas qu’on vous voie, pas qu’on vous entende et ce en raison, non pas d’un désordre, mais de vos opinions. Alors de grâce, ayons pitié des familles et des enfants mais pas de ces soldats qui deviennent, de gré ou de force, des exécutants de pure police politique.

Les manifestants ont été parqués en plein soleil au milieu de la rue jusqu’à 13h30, soit 4 heures après et bien longtemps après le départ de Hollande. Pourquoi ? Pour ne pas que cette population soit libre d’entrer en centre-ville où Hollande prenait un bain de foule.

J’ai remarqué que lorsque on s’éloigne d’une ligne de CRS où se trouve beaucoup de monde, et donc risquent potentiellement d’être enregistrés, plusieurs se lâchent de manière grossière et ignoble, déshonorant leur statut de policier. On pense alors vraiment aux barbouzes et on se dit qu’il ne ferait pas bon être arrêté par ces types dont il est permis de penser qu’ils seraient des voyous s’ils n’étaient pas dans la police. La honte repose surtout sur les officiers qui les commande, qui donnent le mauvais exemple et même attise leur méchanceté. Alors qu’on ne dise plus « ah les pauvres policiers, ils font leur métier, ce n’est pas de leur faute, ils obéissent ». il faut progresser dans sa tête et cesser ces rengaines qui sont fausses : ils ne font pas leur métier mais ils sont dans l’abus, et personne n’est moralement obligé d’accomplir des ordres injustes et qui ne se justifient par rien d’autres que des mesures de diktat.

Plusieurs personnes ont soi réussi à partir en catimini, soit en passant par-dessus un haut grillage (un jeune ouvrier à qui son employeur a dit par téléphone que s’il avait avec une heure de retard à son poste, il serait viré… Il n’a rien commis de mal, mais il a dû fuir la police pour conserver son emploi…)

Quelle est la réaction des rares témoins de cette zone industrielle ? Je demande à une femme si elle a bien vu et pourra témoigner autour d’elle : « ah non, mais moi je n’ai rien à voir. Je ne veux pas me mouiller. Et puis ils ne devraient pas venir avec des enfants ». Je n’ai pas eu le temps de lui répondre, car elle a fermé sa porte « ah bon on n’a plus le droit de sortir pacifiquement avec ses enfants ! Vous trouvez cela normal qu’il ne faille plus sortir avec ses enfants pour ne pas qu’ils soient choqués par la police, et condamnés à rester en plein soleil pendant des heures par la police ? ». Je m’adresse à un passant avec sa voiture (trentaine d’années) qui me répond (accrochez vos ceintures) : « c’est bien fait pour vous. Vous êtes des homophobes. Ce sont les hétéros qui viennent frapper les enfants des homos. On l’a vu à la télé. » Je reste alors sans voix…

Plus tard, un photographe indépendant et professionnel vient dans le groupe. Au début, il est outré car il ne comprend pas pourquoi on est parqué : il croit qu’on est un groupe de soutiens à Hollande, pro-mariage homo. On le détrompe. « Ah bon ? Ben pourquoi ils vous parquent là, Hollande est parti depuis longtemps, il est en ville » « Monsieur le photographe professionnel, on est parqué ici pour que ces hommes de presse tels que vous ne puissiez pas prendre de photos de citoyens contestants le président Normal durant son bain de foule en ville. On est parqué ici afin qu’en ville vous ne puissiez prendre que de belles photos avec des  figurants acclamant le président et que les médias ne relayent pas le pays réel ». « ah bon… »

Vers 12h30, un père de famille arrive en parlant discrètement avec un policier qui a une tête plus avenante et à l’air plus humain que les autres, à sortir discrètement du dispositif pour revenir avec de l’eau. Merci à lui pour ce geste d’humanité : il n’y a presque pas d’ombre. Il fait une chaleur à crever et plusieurs dizaines de personnes de 7 à 75 ans sont parqués en plein soleil. Des citoyens qui ne pouvaient pas se douter de cet incroyable abus !

Vers 13h, un avocat est arrivé sur place, et puis aussi un huissier. L’huissier a pu constater de manière professionnelle les faits.

A 13h30, les CRS ouvrent le dispositif et laissent sortir le groupe dix par dix. Le commandant en tenue nargue alors un manifestant, qui ne lui parlait et ne le regardait même pas  « alors, à bientôt, on se reverra », sur un ton ironique et de dérision.

Il n’a pas tort : on ressort, AVEC COLERE MAIS SANS PEUR ET SANS HAINE, renforcé de ces injustices flagrantes.

Les conséquences de cette manifestation : des retombées dans la presse (l’information à notamment été reprise sur France Info), une plainte collective qui sera déposée.

Les conclusions qui me semblent devoir être tirées pour l’acte II de la LMPT :

Tout filmer, et prévoir de diffuser rapidement et de faire des copies (entendu sur place des CRS  demandant par talkie « demande autorisation d’interpeller car il nous a filmé »).

Venir en ayant prévu un avocat et un huissier, et ce si possible dès le début du rassemblement car c’est au début du rassemblement que la police politique tente de faire dégénérer le rassemblement familial et pacifique.

Prévoir un moyen de contacter un responsable (qu’ils communiquent une adresse électronique par exemple)  pour une action juridique collective. Ce moyen parait plus sûr que de recueillir sur place l’adresse de tous les gens, car il suffit qu’un barbouze vous vole la liste après et vous vous retrouvez chocolat et eux avec toute une lise pour la police…

Enfin, pour conclure par une note d’humour, toujours se montrer souriant et irréprochables car il y avait un policier en tenue qui est constamment resté sur place pour filmer les manifestants !"

Les images qui accompagnent ces paroles :

 

 

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