Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 18:09

(info eschaton).Dans son livre Un siècle de guerre : la politique pétrolière anglo-américaine et le nouvel ordre mondial, Frederick William Engdahl montre notamment comment dès les années 60, Wall Street ayant résolu  d’engager les Etats-Unis dans un processus de désindustrialisation, le discours antiraciste ( et par extension tout le combat contre les discriminations) servit de contre-feu  à la haute finance et au gouvernement pour dissimuler les objectifs qu’ils poursuivaient. Aujourd’hui comme hier, le discours antiraciste ne fait que servir d’alibi moral pour dépouiller les peuples, détourner leurs colères des réels responsables en les culpabilisant et en renversant l’ordre des priorités au profit des problèmes sociétaux marginaux.

« Vers le milieu des années soixante, des millions de jeunes américains furent parqués dans les collèges afin de masquer un chômage réel, alors que la population universitaire qui était inférieure à quatre millions en 1960 passait à dix millions en 1975. Wall Street avait là une excuse pour émettre des milliards de dollars supplémentaires d’obligations publiques garanties par l’État pour la construction d’universités. L’investissement consacré à la véritable expansion de l’économie industrielle se trouvait reporté vers une économie « post-industrielle » ou « économie de services », suivant en cela un schéma analogue à celui de la Grande-Bretagne dans sa marche vers la ruine à la fin du siècle précédent. Les dépenses de sécurité et de protection sociales augmentèrent, tandis que des fractions entières de la population étaient réduites au chômage comme un vieux tas de déchets humains.

Le budget du programme spatial de la NASA culmina à six milliards de dollars en 1966, mais fut sévèrement réduit par Johnson chaque année qui suivit. L’impulsion  technologique des universités commença de s’essouffler, puis déclina, alors que les étudiants étaient plutôt encouragés à poursuivre des carrières dans les « relations sociales » ou la méditation zen. L’éducation universitaire, coeur du rêve américain, devint au cours des années soixante une production de masse de faible niveau dont les standards étaient délibérément revus à la baisse.

L’investissement dans les transports, les centrales de production d’électricité, les stations d’épuration d’eau et autres infrastructures de base se détériora rapidement en même temps que toute une partie de l’économie. Dans la mesure où la production de marchandises industrielles n’est plus nécessaire, raisonnaient les banquiers de New York, à quoi bon investir dans des routes et des ponts pour les transporter vers les marchés ?

Pour vendre cette politique de désinvestissement de fait de l’économie américaine des années soixante, les plus clairvoyants de l’establishment anglo-américain réalisèrent qu’ils devaient reconsidérer l’engagement américain en faveur du progrès scientifique et industriel.

Lors de la guerre du Vietnam, une part de l’establishment avait favorisé la floraison de la contre-culture de la drogue et du sexe, le « flower power » d’Aldous Huxley et de Timothy Leary. Sous l’égide du projet de recherche ultrasecret MK-Ultra de la CIA, les scientifiques américains et britanniques commencèrent à mener des expériences sur les drogues psychédéliques et d’autres moyens d’altération de la conscience. Au milieu

des années soixante, ce projet engendra ce qui fut connu sous le nom de mouvement hippie, quelquefois associé à la pensée New Age ou à l’Âge du Verseau. Ses héros étaient des avocats du rock et de la drogue comme les Rolling Stones, Jim Morrison ou Ken Kesey, un auteur victime du LSD. Pour des millions de jeunes américains, l’irrationalité mystique était rapidement en train de remplacer la foi dans le progrès scientifique. Les engagements du gouvernement pour le développement industriel et scientifique furent réduits en même temps que l’administration Johnson adhérait aux politiques « post-industrielles » de Wall Street. Une nouvelle élite, jeune et cynique, plus préoccupée de son plaisir personnel que de l’intérêt national, commença d’apparaître sur les campus et les collèges américains, d’abord à Harvard et Princeton puis dans les autres universités dites d’élite. Pour Thimothy Leary, qui enseignait à Harvard, ces jeunes étaient « branchés, dans le coup et complètement paumés ».

Pour transformer la pensée au sein des sociétés et des entreprises industrielles américaines, les managers subirent une nouvelle forme d’entraînement mené par des psychologues consultants formés par le National Training Laboratories, connue sous le nom de « sessions T-groupes » ou « stages de sensibilisation ». Il en résulta une anesthésie des intelligences, préparant ainsi la population à accepter les chocs à venir. Les gens étaient tellement préoccupés par leur sensibilité personnelle, par la recherche de leurs défauts réciproques qu’ils ne virent pas que la nation en perdait son projet collectif.

En 1968, l’année même où le sénateur Robert Kennedy fut tué à Los Angeles par un « assassin isolé », alors qu’il menaçait de gagner la Convention démocrate, le leader des droits civiques, le Dr Martin Luther King, était lui aussi assassiné en sortant de la chambre de son motel de Memphis. Peu réalisèrent les circonstances stratégiques entourant le meurtre de King. Il était venu à Memphis prêter son puissant soutien à une grève de travailleurs municipaux noirs et promouvoir la syndicalisation dans le Sud. Dans la nouvelle ère de délocalisations industrielles qui suivit la récession de 1957, le sud des États-Unis avait vocation à rester un paradis de main-d’oeuvre bon marché pour la production industrielle. Mais cela ne fonctionnait qu’aussi longtemps que les syndicats qui dominaient les centres industriels de Detroit, Pittsburgh, Chicago et New York étaient maintenus à l’écart du « Nouveau Sud ».

Pendant que les grandes usines fuyaient vers les zones de main-d’œuvre  non-syndiquée à bon marché du Sud ou vers les pays en voie de développement, les bidonvilles, la drogue et le chômage se développaient à une échelle endémique dans les cités du Nord industriel. La politique de désinvestissement du tissu industriel promue par Wall Street commençait de montrer ses véritables effets. Les ouvriers blancs qualifiés des cités du Nord furent dressés contre les travailleurs noirs et hispaniques sans qualifications, de plus en plus désespérés, confrontés à un nombre d’emplois en diminution. Des émeutes furent délibérément fomentées dans des cités industrielles, à Newark, Boston, Oakland et Philadelphie par des « insurgés » soutenus par le gouvernement, tel Tom Hayden. Il fallait détruire la puissance des syndicats industriels établis dans les cités du Nord en les stigmatisant comme racistes. Ces insurgés de commande étaient financés par le programme Grey Areas (Zones grises), soutenu par la Fondation Ford promue en modèle par le président Johnson pour lutter contre la pauvreté.

Le véritable objectif de la guerre de Johnson contre la pauvreté, opération financée par le gouvernement, visait à exploiter le déclin économique créé par la politique de l’establishment anglo-américain. Il fallait briser la résistance de la population américaine face aux nouvelles réductions des salaires qui allaient lui être imposées. L’establishment financier se préparait à infliger à l’Amérique un pillage dans le style colonial britannique du XIXe siècle. Et la manipulation de la « guerre des races » en était l’arme. Le Bureau américain pour l’opportunité économique (U.S. Office of Economic Opportunity), nouvellement créé, affaiblit l’influence politique des syndicats américains traditionnels et du puissant syndicat industriel des circonscriptions urbaines. Les cadres moyens de l’industrie, qui en étaient la cible, étaient ceux-là mêmes qui, une décennie auparavant, avaient été salués comme la force vitale de l’industrie américaine. Ils furent soudainement étiquetés « réactionnaires » et « racistes » par les puissants médias libéraux. Ces travailleurs étaient surtout craintifs et perplexes face à l’effondrement de tout leur environnement social, résultat de la politique de désinvestissement conduite par les banques toutes puissantes.

McGeorge Bundy, doyen d’Harvard, avait mené la guerre du Vietnam en tant que conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche sous Kennedy, puis sous Johnson. En 1966, Bundy était allé à New York engager l’Amérique dans un nouveau « Vietnam », en tant que président de l’influente Fondation Ford. Dans la nouvelle Grande Société, les Noirs furent dressés contre les Blancs, les chômeurs contre les travailleurs, tandis que Wall Street bénéficiait des réductions drastiques des niveaux des salaires syndicaux et des coupures dans les investissements d’infrastructure, tout en redirigeant les investissements vers des paradis de main-d’oeuvre à bon marché d’Asie ou d’Amérique du Sud. L’auteur de ces pages a eu une expérience personnelle directe de ce triste chapitre de l’histoire américaine »

Partager cet article

Repost 0
Published by over - dans Histoire
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : lareinfodujour93.fr
  • lareinfodujour93.fr
  • : Informations et rèinformations.Des conseils de lecture.
  • Contact

La république n'égalera jamais la royauté.

Recherche

information

 

    

  

      SITE "faitdiversFrance":

  http://faitdiversfrance.wordpress.com

 

Des images contre l'avortement

 

 

 

 

Texte Libre